L’activité de la BEI en France va poursuivre sa montée en puissance en 2015

le 19/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’institution européenne compte sur la mise en œuvre du plan Juncker et le décollage de sa nouvelle gamme de produits auprès des banques françaises.

Nous sommes à un moment charnière où il faut passer à la vitesse supérieure». A l’occasion d’une conférence de presse consacrée au bilan 2014 de l’activité française de la Banque européenne d’investissement (BEI), Philippe de Fontaine Vive, son vice-président, a indiqué que l’institution amplifierait cette année son action afin de relancer la croissance par l’investissement.

«Pour la première fois de son histoire, la France est devenue en 2014 le premier client de la BEI, avec un total de 11,5 milliards d’euros de financements nouveaux approuvés par le conseil d’administration», a souligné Philippe de Fontaine Vive. A 8,2 milliards d’euros, les signatures de contrats de prêts sont demeurées en ligne avec le niveau de 2013. «Le fait que nos approbations soient nettement supérieures aux signatures va évidemment accroître notre effort en 2015, d’autant plus avec le plan Juncker», explique-t-il.

Si les discussions entourant les détails de ce plan de 315 milliards d’euros se poursuivent, la Commission européenne a déjà adopté cette semaine une proposition pour associer la BEI à la création de son fonds d'investissement (EFSI). «Cela permettra de lancer le plan dès maintenant car la BEI entreposera sur son bilan les premiers projets avant de les transférer», indique Philippe de Fontaine Vive.

Le vice-président de la BEI compte en outre sur la montée en puissance de son programme InnovFin, une nouvelle génération d'instruments financiers lancée l’an dernier. Vendredi, une équipe venue du Luxembourg devait présenter la gamme aux réseaux bancaires français, sur lesquels s’appuie la BEI. «Cette marque regroupe des produits apportant de la garantie aux banques, des participations dans des fonds de capital-risque centrés sur les PME, ainsi que des offres lancées l’an dernier de prêts conjoints avec les banques, qui n’ont pas encore trouvé preneur en France», note Philippe de Fontaine Vive.

Pour l’heure, seules Commerzbank et sa consœur belge KBC se sont entendues avec la BEI sur ce programme. Les produits de garantie et les prises de participation en capital-risque ont pour leur part totalisé l’an dernier 213 millions d’euros en France, soit 1 milliard d’euros d’investissements nouveaux compte tenu de l’effet de levier. Via des accords de refinancement auprès des grands réseaux bancaires, la BEI a par ailleurs accordé 1,3 milliard d’euros de financements aux PME et ETI françaises.

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