Les laboratoires spécialisés mènent la danse dans les fusions pharmaceutiques

le 16/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les grands laboratoires mondiaux auront du mal à combler un écart de croissance estimé à 100 milliards de dollars d’ici à 2017, selon le cabinet EY.

Le secteur pharmaceutique a fait un retour remarqué sur le marché des fusions & acquisitions l’an dernier, avec une valeur des transactions de 220 milliards de dollars (188 milliards d’euros), montre le dernier rapport «Firepower Index» du cabinet EY. Si les grands laboratoires traditionnels ont mis en œuvre des cessions d’actifs non stratégiques dans le cadre d’une politique de rationalisation de leur portefeuille, ce sont les laboratoires spécialisés et les sociétés de biotechnologie qui ont représenté 60% de ce montant. Leur objectif est d’atteindre une taille critique qui leur permette de rester concurrentiel dans un contexte tarifaire mondial difficile.

Le rapport souligne que sur les cinq années passées, ces deux dernières catégories ont enregistré «une croissance cumulée de leur chiffre d’affaires plus de cinq fois supérieure à celle des grands laboratoires». Elles ont par ailleurs fourni un retour aux actionnaires deux à trois fois plus élevé que celui procuré par les «majors» pharmaceutiques. Les laboratoires spécialisés américains ont en outre souvent largement utilisé le dispositif d’inversion fiscale dans leurs investissements à l’étranger. Leur bilan solide et le soutien des marchés boursiers ont accru leur force de frappe pour financer des opérations de plus en plus importantes, comme en témoigne Actavis qui aura pris en moins de deux ans le contrôle successif de Warner Chilcott, Forest Lab. et Allergan.

«L’année 2015 devrait être marquée par d’importantes opérations de M&A fortement concurrentielles dans la biopharmacie, avec des montants de transaction en constante progression», pronostique Marc-André Audisio, associé au département Transaction Advisory Services d’EY en France. Il juge que l’écart de croissance défavorable aux grands laboratoires représente pour ces derniers un défi difficile à relever car «il n’y a actuellement pas assez de cibles disponibles pour compenser l’insuffisance des recettes».

La hausse de la valorisation des cibles potentielles pourrait en outre les inciter à financer leurs transactions en recourant à des émissions de titres dilutives. D’ici à 2017, la hausse moyenne des ventes des grands laboratoires devrait être tout juste supérieure à 1%, contre une progression à deux chiffres pour les autres sociétés du secteur, d’où un écart de croissance de 100 milliards de dollars prévisible à cet horizon.

Fusions acquisitions. Illustration L'Agefi.
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Fusions acquisitions. Illustration L'Agefi.

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