Les banques américaines souffrent dans le trading

le 13/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les résultats du quatrième trimestre cette semaine confirmeront le ralentissement des activités taux et changes.

Le consensus attend des résultats nets trimestriels de 2,2 milliards de dollars pour Citi. Photo DR.

Le revirement de Citigroup ce week-end est de mauvais augure. La banque américaine, qui publie jeudi ses résultats annuels en même temps que Bank of America et un jour après JPMorgan, a annoncé à ses traders que leur bonus baisserait de 5% à 10% au lieu de la stabilité promise. Le signe que le dernier trimestre 2014 devrait une nouvelle fois témoigner de la faiblesse des revenus de trading des grandes banques d’investissement. Citi et BofA Merrill Lynch avaient déjà prévenu en décembre d’un recul de leurs revenus.

Les résultats américains devraient confirmer les anticipations des investisseurs d’un quatrième trimestre faible dans les taux, changes et matières premières(FICC)», soulignent les analystes de Nomura. Les revenus du trading actions devraient aussi reculer de 5% à 10% sur un an, selon les analystes de SG CIB. Le dernier trimestre sera par ailleurs encore marqué par le coût des litiges juridiques, notamment chez Citigroup, qui a prévu de passer 2,7 milliards de dollars de charges.

Au total, le consensus attend des résultats nets trimestriels de 1,18 milliard de dollars pour Morgan Stanley (qui publiera le 20 janvier), de 2,2 milliards pour Goldman Sachs (vendredi) et Citi, de 3,7 milliards pour Bank of America, tandis que JPMorgan (5,3 milliards de dollars) et Wells Fargo (5,4 milliards) devraient mener la danse.

Comme toujours, les investisseurs seront davantage attentifs aux perspectives de 2015. Dans les activités de marché, la volatilité, a priori favorable aux banques, est remontée ces derniers mois. Annonce-t-elle pour autant un rebond des revenus? Rien n’est moins sûr. «Il s’agit de la mauvaise sorte de volatilité: des pics plutôt qu’une hausse graduelle, et qui sont allés de pair avec une faible activité sur les marchés de capitaux et une tendance à la prudence de la part des investisseurs», souligne SG CIB. La banque insiste aussi sur l’abandon du trading physique de matières premières, qui amputera par exemple de 300 millions les revenus de JPMorgan au dernier trimestre 2014. «Cela montre que le ralentissement des revenus de trading FICC est en partie structurel, et que cette activité ne reviendra plus», poursuivent les analystes.

Pour les banques américaines, le grand rendez-vous de 2015 sera aussi celui de la Fed. La Réserve fédérale est censée remonter ses taux directeurs dans le courant de l’année. «La hausse des taux devrait modestement bénéficier en 2015 à la marge nette d’intérêt, le coût des nouvelles règles de liquidité effaçant une partie des gains», indique CreditSights. Pour SG CIB, les banques américaines sont bien positionnées pour profiter de la hausse des taux courts, notamment JPMorgan et BoA, en raison de la structure de leurs bilans.

Enfin, le coût des nouvelles règles imposées par la Fed aux banques systémiques (G-SIB), et son impact sur les dividendes, devraient être abordés. Le sujet a d’ailleurs relancé les spéculations sur l’intérêt de scinder les grandes banques universelles américaines. Goldman Sachs s’est fendue la semaine dernière d’une note en ce sens sur JPMorgan, sans parvenir à une conclusion évidente. Dimanche, c’est le Wall Street Journal qui jugeait qu’une scission de Citigroup serait créatrice de valeur.

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