La réforme du fonctionnement du marché des changes reste en suspens

le 13/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le régulateur suisse a imposé à UBS l'automatisation à 95% de ses échanges. Les Britanniques préparent un plan de remédiation sectoriel.

Fréquemment critiqué, le trading automatisé (ou électronique) pourrait paradoxalement se voir légitimer. C’est la conséquence indirecte du scandale de la manipulation des changes, pour lesquelles les autorités financières de trois pays – la FCA britannique, la CFTC et l’OCC américains, ainsi que la Finma suisse – ont prononcé des sanctions totales de 4,35 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros) à l’encontre de six banques internationales (UBS, Citigroup, JPMorgan, RBS, HSBC et Bank of America).

La Finma a notamment imposé à UBS l’automatisation d’au moins 95% de son trading de devises. Réduire au maximum l’intervention humaine limiterait de fait l’influence des traders, qui utilisaient des messageries électroniques sécurisées pour échanger des informations. Selon une récente étude de Deutsche Bank, près de 60% des montants sont échangés électroniquement sur le marché des changes. Mais cela ne devrait pas avoir de conséquence radicale pour UBS. Contacté par L’Agefi, l’établissement précise que son taux actuel atteint déjà environ 90%.

Les acteurs craignent que la décision du régulateur suisse ne provoque un précédent. Marshall Bailey, le président de l’ACI-Financial Markets Association, n’a pas hésité à affirmer que «les actes de cette minorité relativement réduite […] ne reflètent pas l’état de santé général du secteur des changes, ni ne devraient conduire à des réformes structurelles plus amples».

«La décision de la Finma relève d’un cas concret. On pourrait imaginer en faire une pratique de marché, mais ça n’est pas prévu pour l’instant. Un tel projet impliquerait de modifier la réglementation. Il n’est pas certain que la Finma puisse imposer seule une généralisation à tout le secteur», rappelle un proche de l’autorité. D’ailleurs, la Finma a clos les enquêtes qu’elle avait ouvertes sur trois autres banques suisses (qu’elle ne nomme pas), considérant que les lacunes mises au jour dans le négoce de devises «peuvent être corrigées […] sans qu’une procédure d’enforcement [coercitive] soit nécessaire».

Mais les autres régulateurs pourraient aussi influencer l’encadrement des changes. La FCA a annoncé hier le lancement d’un «programme de remédiation à l’attention du secteur pour améliorer la surveillance et renforcer les normes du marché». Certaines mesures pourraient dépasser le G10 spot FX (marché spot des 10 premières devises) et s’étendre au marché des métaux précieux, ainsi qu’aux instruments dérivés et structurés.

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