L’Agence France Locale se met en ordre de bataille avec SGSS et Newedge

le 06/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les services titres de la Société Générale assureront la gestion des dérivés de la nouvelle banque des collectivités territoriales.

Avant son agrément bancaire attendu ce mois-ci, et sa première émission obligataire espérée pour la deuxième quinzaine de novembre, l’Agence France Locale (AFL) a confié l’ensemble de ses services titres à la Société Générale. Elle se met ainsi en conformité avec Emir, le règlement européen sur les dérivés toujours en cours de transposition.

«Nous voulons d’ores et déjà compenser toutes les opérations de dérivés, dont nous serons un consommateur important pour notre gestion actif-passif», déclare Thiébaut Julin, directeur financier de l’AFL qui permettra aux collectivités de se financer conjointement sur les marchés.

Epaulée par EY, l’agence a choisi l’offre de Société Générale Securities Services (SGSS) et du courtier Newedge, détenu à 100% par la banque de la Défense depuis le rachat, en mai, des parts du Crédit Agricole. BNP Paribas Securities Services et Caceis ont été écartés. «Les swaps (contrats d’échange, ndlr) de taux de l’AFL seront compensés par Newedge. Puis SGSS assurera le middle-office et la gestion du collatéral (des contreparties, ndlr) de ces swaps, tout en étant dépositaire de l’ensemble des avoirs et des titres détenus par l’AFL», détaille Clément Phélipeau, responsable des offres dérivés et gestion du collatéral de SGSS. Les prestations de ce premier contrat commun à SGSS et Newedge ont été mises en place depuis l’été.

«L’AFL couvrira ses émissions obligataires à l’actif et au passif, avec un montant notionnel de dérivés OTC (de gré à gré, ndlr) quasiment deux fois plus important que celui de ses émissions», précise François Bouclier, en charge des ventes institutionnelles chez Newedge. «L’utilisation de swaps de sens contraire, au passif en couverture d'émissions obligataires et à l'actif en couverture de prêts à taux fixe, réduit naturellement l'exposition au risque de taux de la production de swaps de l’AFL et la consommation de liquidité qui en résulte, liée à la collatéralisation de ces opérations, détaille Thiébaut Julin. C'est un élément très important sachant que nous dépendons des marchés, n'étant pas une banque de dépôts.»

A la suite d’émissions en euros, l’agence pourrait lever des ressources dans d’autres devises, en recourant à des swaps de change. Avant sa première sortie sur les marchés, qui pourrait atteindre 1 milliard d’euros, le nombre de collectivités adhérentes passera de 51 à 80 le 15 novembre, via une nouvelle augmentation de capital. Celle-ci portera les fonds propres de l’AFL à 40 millions d’euros.

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