Le «dark pool» de Barclays se retrouve sous le coup de nouvelles accusations

le 18/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le procureur général de New York rejette le pourvoi de la banque britannique, accusée d’un double jeu avec ses clients

Première grande banque mise en accusation pour le rôle de son dark pool (plate-forme d’échange d'actions de gré à gré et opaque), Barclays a essuyé mardi de nouvelles critiques du procureur général de New York. Eric Schneiderman a balayé les arguments de la banque à l’encontre des poursuites dont elle fait l’objet depuis le mois de juin. Sur la forme, il récuse l’idée qu’une loi datant de 1921 puisse prévaloir sur le droit financier en vigueur à New York.

Sur le fond, il continue de soutenir que la banque britannique a trompé les clients de son dark pool en leur faisant croire qu’elle les protégeait des investisseurs peu scrupuleux qui profitent de l’opacité de ce type de plates-formes. Malgré ses dires, Barclays n’aurait pas garanti une égalité de traitement à ses utilisateurs.

William White, responsable du trading électronique de la banque britannique jusqu’à sa mise à pied en juin dernier, a ainsi déclaré que la banque avait fait le ménage parmi ses clients suspects, lors d’une présentation publique effectuée en 2012. Or Barclays a affirmé, dans des documents déposés à la Cour suprême de l’Etat de New York, qu’elle n’a «jamais promis» de faire la chasse aux traders les plus agressifs, adeptes du trading à haute fréquence. De même, l’une de ses brochures commerciales aurait minimisé le poids de ce type d'ordres sur son dark pool, en le ramenant de 75% à 35%. Sous l’ère White, de 2011 à cette année, la plate-forme de Barclays est passée de la cinquième place aux Etats-Unis à la deuxième, derrière Credit Suisse. Ce dernier fait l’objet d’une enquête du procureur de New York, comme Deutsche Bank, Goldman Sachs, Morgan Stanley et UBS.

Les régulateurs étudient également de près l’activité des dark pools, qui assurent à eux seuls 16,5% des échanges sur les marchés actions américains selon le courtier Rosenblatt Securities (à fin août). La Securities and Exchanges Commission (SEC) souhaite renforcer la transparence, tandis que la Financial Industry Regulatory Authority (Finra) se réunit ce vendredi pour décider si les plates-formes privées doivent rendre publiques davantage de données sur leur activité. Certaines ont déjà commencé à le faire, à l’instar de Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan, mais la qualité des chiffres reste sujette à caution.

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