Le quatrième LBO sur Bureau van Dijk fait s’envoler le levier de dette

le 31/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’acquisition de l’éditeur par EQT Partners serait financée par un emprunt de 820 millions d’euros

Après avoir enregistré un deuxième trimestre particulièrement tonique, le marché européen du LBO vient de vivre une nouvelle transaction d’envergure, dont le financement confirme l’augmentation sensible des leviers de dette dans ce type d’acquisitions.

La société de gestion scandinave EQT Partners a annoncé son entrée en négociation exclusive avec Charterhouse Capital Partners en vue d’acquérir Bureau van Dijk (BvD), un éditeur néerlandais d’informations financières. L’acquéreur, conseillé par Goldman Sachs, ajoute que l’opération devrait être conclue en septembre. Charterhouse était conseillé par HSBC. Si aucun montant n’a été officiellement communiqué, il devrait être sensiblement supérieur au milliard d’euros.

En effet, pour réaliser la transaction, EQT Partners aurait sollicité 820 millions d’euros de dette, selon plusieurs sources bancaires citées par Reuters. Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC et ING seraient les arrangeurs de ce financement, composé d’une tranche prioritaire garantie (first lien) de 595 millions d’euros (émise en euros, livres sterling et dollars) et d’une tranche second lien de 225 millions d’euros, émise en euros et en dollars, qui aurait été souscrite par un fonds de dette de Goldman Sachs. A cela s’ajoute la mise à disposition d’une ligne de crédit renouvelable de 25 millions.

Quelle que soit la valeur d’entreprise définitive de BvD, ce montage fait apparaître un multiple de dette particulièrement élevé: il atteindrait 5,5 fois l’Ebitda de la société pour la tranche senior et 7,6 fois au total (en dehors de la ligne renouvelable).

Sachant que pour des LBO de cette taille, la dette est actuellement rarement inférieure aux fonds propres engagés par le fonds acquéreur, on peut supposer que la valeur d’entreprise de BvD n’excède pas 1,6 milliard d’euros.

Fondé en 1991, l’éditeur a vu sa valeur s’accroître considérablement au fil des LBO qu’il a vécus; il a ainsi permis à ses propriétaires successifs de réaliser de fructueuses opérations financières.

BvD avait été valorisé 370 millions d’euros en 2004 par Candover, qui avait pris le contrôle de 60% de son capital. La société d’investissement cotée britannique l’a vendu trois ans plus tard à BC Partners pour 714 millions. Ce dernier l’a à son tour cédé à Charterhouse en 2011 au prix de 990 millions d’euros (dont 510 millions de dette), ce qui lui a permis de doubler le montant de son investissement en fonds propres.

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