HLD fait valoir sa liberté d'investissement dans le dossier Sarenza

le 24/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Société à capitaux permanents et non pas fonds de LBO, la holding signe sa sixième prise de participation avec le spécialiste de la chaussure en ligne

Sarenza a trouvé chaussure à son pied avec HLD. La holding d’investissement, qui porte les initiales de ses trois cofondateurs, Jean-Philippe Hecketsweiler, Jean-Bernard Lafonta et Philippe Donnet, entre au capital du spécialiste de la chaussure en ligne. Elle a pu faire valoir à cette occasion sa souplesse: société à capitaux permanents, la structure n’a pas les contraintes d’un fonds LBO en termes de contrôle ou d'horizon d'investissement.

«Réunir un tour de table de 74 millions d’euros en actionnaire minoritaire dans une société en plein développement comme Sarenza n’est pas si facile en France», souligne Jean-Bernard Lafonta. HLD met le gros de ce ticket aux côtés de Bpifrance, un habitué des prises de participation minoritaires. A l’issue de la transaction, la part des dirigeants au capital devrait passer de 80% à un peu plus de 50%. Parmi les fonds qui avaient accompagné la société à ses débuts (Galileo, Amundi…) et qui détenaient encore 20%, certains en profitent pour sortir.

HLD signe là son sixième investissement depuis sa création en 2010. Interflora, le premier, avait toutes les caractéristiques d’un LBO. Depuis, la holding a suivi un modèle à géométrie variable comme le montre la diversité de ses participations. Après Filorga, elle a repris en janvier dernier un deuxième laboratoire, SVR, qui s’apparente davantage à un retournement. Elle a investi en 2013 dans Tranoï, spécialiste de l’organisation de salons pour le monde de la mode, et a pris le contrôle en 2012 de Perfectis, un fonds sponsorisé par Euler-Hermes qui n’était pas parvenu à lever un nouveau véhicule. Perfectis a vocation à intervenir sur les dossiers de 5 à 10 millions d’euros. Sur la base d’une évaluation indépendante, le portefeuille de la holding dégagerait une performance supérieure à 20%.

Au total, «HLD a déployé environ 100 millions d’euros de capitaux et a suffisamment de ressources pour continuer au même rythme», précise Jean-Bernard Lafonta. Ses investisseurs, tels Norbert Dentressangle ou la famille Decaux, peuvent aussi co-investir directement dans une société. HLD réfléchit par ailleurs à l’éventualité de lever un fonds. «Nous avons la capacité de monter un fonds. Cette solution a des avantages, comme la diversification des ressources, mais est plus contraignante. Nous n’avons rien décidé et nous trancherons en fin d’année ou début 2015», indique Jean-Bernard Lafonta.

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