Ramon Fernandez défend l'écosystème français du financement des entreprises

le 04/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

Photo : Bloomberg

Lors de la première édition de la conférence Financement des entreprises organisé par L’Agefi, Ramon Fernandez, directeur général du Trésor, a présenté les réformes mises en œuvre par le gouvernement et censées permettre aux entreprises françaises un meilleur accès au financement. « Le nouvel environnement prudentiel et réglementaire » est en train de modifier « progressivement notre modèle de financement dans lequel l’intermédiation bancaire jouait un rôle prépondérant », a-t-il ajouté. Il souhaite en particulier faire jouer un rôle à l’ « épargne longue importante » en France afin « de  faire émerger un modèle plus résilient ».

Mais le directeur général du Trésor, en partance pour Orange, a aussi souligné que les pouvoirs publics ne «[poursuivent] pas un agenda de désintermédiation (...) Nous ne voulons donc pas transformer notre modèle de financement pour en adopter un autre, plus à la mode ailleurs».

Le « financement par la dette » est une composante majeure du financement des entreprises, un outil réhabilité par « le développement rapide du marché des placements privés – les Euro PP », bénéficiant aux entreprises de taille intermédiaires (ETI). Ramon Fernandez a évoqué aussi le renouveau « d’une titrisation maîtrisée », et la possibilité d’une extension de « la réforme du code des assurances » aux « mutuelles et aux institutions de prévoyance » leur permettant « d’investir dans les fonds de prêts à l’économie ». « En fonction des retours qui seront obtenus, cette réforme pourrait aboutir à la rentrée » 2014, conclut-il.

En référence à l’encours du crédit interentreprises qui représente à ce jour environ 850 milliards d’euros, Ramon Fernandez a insisté sur les compléments apportés par la loi relative à la Consommation « avec le renforcement du dispositif de suivi des délais et du régime de sanction des retards » qui garantiront une plus grande effectivité du cadre réglementaire.

Le directeur général du Trésor a mis ensuite l’accent sur le financement en fonds propres, un « enjeu fondamental du renforcement de notre potentiel de croissance : il est une condition sine qua non du développement des entreprises innovantes ou à fort potentiel de croissance. » Du crowdfunding jusqu’aux financements par le biais de marchés organisés en passant par le capital-risque ou le capital investissement, il a souligné l’importance d’améliorer l’écosystème du financement en fonds propres afin de permettre aux entreprises de prendre des risques et de se projeter dans l’avenir. Il est revenu sur l’ordonnance publiée mercredi dernier relative au financement participatif. « Elle concilie d’importantes souplesses accordées aux plates-formes de crowdfunding et des mesures efficientes de protection des investisseurs » a-t-il déclaré . Cependant pour Ramon Fernandez, le véritable enjeu est celui de la « présence pérenne d’investisseurs institutionnels capables de contribuer à la constitution de fonds de taille suffisamment importante pour pouvoir accompagner les entreprises » dans leur développement.

En outre, Ramon Fernandez a approfondi les enjeux du financement en actions par le marché. A propos de la création d’Enternext en mai 2013, « plate-forme essentielle à l’expression d’un besoin spécifique des PME et ETI »,  il table sur un objectif de multiplication par cinq du nombre d’introductions en Bourse des PME et ETI en 2015. En effet, « les souscriptions, notamment des particuliers, aux opérations sont élevées », sans compter un « effet d’entraînement » lié à d’importantes opérations, qui va impacter positivement les petites et moyennes entreprises.

L’industrie financière française, comptabilisant plus d’un million d’emplois et environ 4,5 % du PIB a également été abordée. Dans cette optique, le Comité pour la Place financière de Paris à horizon 2020 tiendra sa première réunion le 16 juin. Il aura pour vocation de « structurer et dynamiser la réflexion collective sur la compétitivité de la Place parisienne ».

Ramon Fernandez a conclu  son discours sur l’orientation de l’épargne et les chantiers fiscaux en France. Le PEA-PME est ainsi appelé à jouer un rôle complémentaire aux initiatives de redynamisation des financements en fonds propres. De même « la réforme de l’assurance-vie en cours de mise en œuvre vise à permettre que cette dernière puisse être davantage mobilisée au service du financement de l’économie, et en particulier au bénéfice des PME et ETI ». Cette réforme bénéficiera également à l’assuré en raison du maintien d’un régime fiscal favorable lors de la transmission de patrimoine avec le contrat « vie génération ».

Accéder au discours en ligne

http://www.agefiactifs.com/sites/agefiactifs.com/files/fichiers/2014/06/dgtresor_agefi_04062014_2.pdf

Consulter le programme de la manifestation

http://evenements.agefi.fr/minisite-programme.php?docid=37123

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