Monier veut tourner la page de la restructuration en entrant en Bourse

le 28/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les fonds actionnaires vont partiellement se retirer du fabricant allemand de tuiles valorisé autour d'un milliard d'euros, hors dette

Cinq ans après avoir repris le fabricant de tuiles Braas Monier à PAI, ses créanciers voient enfin le bout du tunnel. L’industriel allemand a annoncé hier son projet d’introduction à la Bourse de Francfort. «L’opération devrait avoir lieu d’ici à juillet si les conditions de marché se maintiennent. Elle permettra aux actionnaires de Monier de vendre une partie significative de leurs titres, tout en conservant entre 40 et 55% du capital dans l’immédiat», explique à L’Agefi une source proche des discussions.

Trois fonds se partagent actuellement le contrôle de la société: Apollo Global Management (à 19,2% fin 2013), TowerBrook Capital Partners (19%) et York Capital Management (16,3%), suivis de BNP Paribas à 10,1%.

«L’entreprise devrait être valorisée autour d’un milliard d’euros, hors dette», assure la source, confirmant les informations de Bloomberg sur une levée d’environ 500 millions d’euros. A la dette financière, refinancée en avril à hauteur de 565 millions d’euros, s’ajoutent près de 300 millions de provisions pour retraite. Cela porte la valorisation totale de Monier à «environ 1,8 milliard d’euros, soit environ 9 fois l’Ebitda attendu pour 2014». Un multiple comparable à celui de l’autrichien Wienerberger, premier producteur de tuiles en Europe et numéro un mondial des briques.

Monier compte tirer son épingle du jeu dans un marché boursier allemand peu actif, qui a connu la semaine dernière la cotation de l’équipementier auto Stabilus menée par le fonds Triton. Le groupe table aussi sur un rebond du marché européen de la construction, où il revendique la première place sur les ventes de tuiles dans plusieurs pays (Allemagne, Italie…). Son chiffre d’affaires est reparti à la hausse au premier trimestre, après avoir baissé de 6,6 % l’an dernier à 1,23 milliard d’euros. Des mesures d’économies supplémentaires doivent aussi permettre d’améliorer ses flux de trésorerie. Monier compte aujourd’hui 7.400 salariés, 2.000 de moins qu’en 2011. Le groupe viserait environ 200 millions de résultat opérationnel cette année, après 160 millions l’an dernier et 132 millions l’année précédente.

D’autres opérations d’ampleur sont en cours dans le secteur du BTP. Outre la fusion des géants du ciment Lafarge et Holcim, l’allemand HeidelbergCement veut coter ses divisions britannique et nord-américaine. En France, Spie prépare son IPO tandis que Wendel poursuit sa vente par appartements des matériaux Materis.

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