La France renoue avec les grandes manœuvres

le 08/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le marché connaît un regain d'activité M&A, porté par les opérations sur SFR et Lafarge

Le marché des fusions-acquisitions affiche son dynamisme en 2014, marqué par une reprise de l’activité particulièrement en France. Illustration L’Agefi.

Le soleil brille sur le front des fusions-acquisitions (M&A). Plusieurs opérations dévoilées ces derniers jours  ont confirmé le dynamisme du marché, marqué par une certaine reprise de l’activité en Europe et plus particulièrement en France. Les cimentiers Lafarge et Holcim ont officialisé leur projet d’union, tandis qu’Altice à réussi à convaincre Vivendi de lui confier le destin de SFR. Deux opérations valorisées respectivement à 40 et 17 milliards d’euros. Dans le secteur français des SSII, Steria et Sopra ont confirmé leur rapprochement.

La bataille autour de SFR, le rachat par L’Oréal d’une partie de son capital détenue par Nestlé et la fusion entre égaux dans le ciment propulsent la France sur le devant de la scène. D’après les données les plus récentes fournies par Dealogic, l’Hexagone a représenté un volume d’opérations annoncées de 89,8 milliards d’euros depuis le début de l’année (276 opérations), contre seulement 12 milliards sur la période similaire de 2013 (369 opérations). Ces données sont toutefois à manier avec précaution puisque la valeur de l’opération sur SFR pourrait encore évoluer.

Sur la base des chiffres de 2012, la valeur des opérations annoncées n’avait atteint que 5,7 milliards d’euros pour un nombre nettement plus conséquent (401). Il faut remonter aux années précédant la crise pour retrouver une telle vigueur sur le marché français. Début 2006, 349 opérations avaient été annoncées pour une valeur globale de 75,8 milliards d’euros.

Au niveau européen, la progression est nettement plus modeste ; la valeur des opérations est passée de 241,4 milliards d’euros il y a un an à 256,8 milliards d’euros depuis le 1er janvier. Enfin, à l’échelle mondiale, les données compilées par Thomson Reuters font apparaître un bond de 62% des opérations sur un an, leur valeur passant de 523,7 milliards à 849,6 milliards de dollars. Le groupe pharmaceutique indien Sun Pharmaceutical Industries a alimenté la machine hier en annonçant le rachat de son compatriote Ranbaxy Laboratories pour 3,2 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros), tandis que le groupe d’ingénierie suédois Alfa Laval a conclu l’acquisition d’un  spécialiste du pompage en mer, le norvégien Frank Mohn, pour 13 milliards de couronnes norvégiennes (1,58 milliard d'euros).

Logiquement, la valeur unitaire des opérations a fortement progressé. Sur le seul premier trimestre, selon Dealogic, la France se classe au deuxième rang, derrière les Etats-Unis, pour le volume d’opérations supérieures à 1 milliard de dollars.

Les opérations sont encore majoritairement défensives, à l'image du mariage entre Holcim et Lafarge, qui cherchent à contrer la concurrence à bas coûts des cimentiers des pays émergents, ou entre Steria et Sopra, sur un marché français des SSII en retard dans sa consolidation. Mais cela suffira à donner le sourire aux banquiers et avocats conseils et, plus particulièrement, à Goldman Sachs, qui a devancé JPMorgan sur le terrain des commissions. La banque d'affaires épaule Holcim tandis que Rothschild et les frères Zaoui conseillent Lafarge, avec également le soutien de BNP Paribas et Morgan Stanley. Côté avocats, Cleary Gottlieb est intervenu auprès du cimentier français.

Le marché des fusions-acquisitions affiche son dynamisme en 2014, marqué par une reprise de l’activité particulièrement en France. Illustration L’Agefi.
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Le marché des fusions-acquisitions affiche son dynamisme en 2014, marqué par une reprise de l’activité particulièrement en France. Illustration L’Agefi.

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