Unilend investit le créneau du crowdfunding avec un statut alternatif

le 22/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ce site, qui permet au public de prêter aux PME, s’affranchit à la fois du statut bancaire et de l’encadrement du financement participatif

La famille du financement participatif s’agrandit encore. Dernier né en France, Unilend a choisi un positionnement alternatif: le prêt aux PME et le statut d’agent prestataire de services de paiement. En ligne depuis quelques jours, son site met en relation les particuliers et les PME, pour permettre à ces dernières d’acheter du matériel ou encore d’ouvrir un nouveau point de vente.

«En complément des plates-formes qui soutiennent les projets naissants comme Ulule et Kisskissbankbank, et de l’equity crowdfunding (financement participatif en fonds propres, ndlr) pratiqué par Wiseed ou Anaxago, nous permettons d'emprunter aux entreprises plus mûres, affichant au moins trois exercices comptables», explique Nicolas Lesur. Ancien directeur marketing de la Financière de l’Echiquier, il a fondé Unilend avec son ami François Prioux, un entrepreneur devenu banquier d’affaires après la vente de son site boursier à Prisma.

Leur plate-forme offre une alternative, plus souple mais aussi plus chère, aux financements bancaires compris entre 25.000 et 250.000 euros. «Nous ne dérogeons pas au monopole bancaire sur le crédit puisque que les entreprises émettent des bons de caisse nominatifs. Les paiements sont gérés par SFPMEI, l’opérateur de Moneo, explique Nicolas Lesur. En outre, «les bons de caisse ne sont pas des instruments financiers, c’est pourquoi ils ne sont pas régulés par l’AMF (Autorité des marchés financiers, ndlr), ajoute-t-il. Nous ne sommes donc pas concernés par le débat actuel sur l’encadrement du crowdfunding».

Pour autant, face à d’autres plates-formes opérant comme sociétés anonymes, Unilend voulait «un cadre réglementaire». « C’est pourquoi nous sommes agréés par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution en tant qu’agent prestataire de services de paiement», indique son fondateur. Un statut déjà utilisé par les buralistes commercialisant l’offre de paiement Compte Nickel. Moins contraignant que celui d’établissement de crédit, choisi par exemple par Prêt d’Union, il ne nécessite pas de fonds propres réglementaires.

Unilend dispose pour le moment d’un capital de 300.000 euros apporté par ses deux fondateurs (45% chacun) et deux associés à 5%. «Nous espérons boucler une levée de fonds d’un million d’euros en fin d’année», ajoute Nicolas Lesur. Nous comptons atteindre notre point mort d’ici à deux- trois ans, avec au moins 100 millions d’euros de crédits arrangés, et nous visons un milliard d’ici à cinq ans».

A lire aussi