Le gouvernement veut développer l'affacturage en France

le 24/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il vient de lancer une mission de réflexion sur cette activité très utile au financement des entreprises qui est dominée par les filiales de banques

Photo: PHB

Le gouvernement réfléchit aux meilleurs moyens de développer le marché de l’affacturage. Le ministère de l’Economie et des Finances a lancé hier une mission d’environ un mois sur cette question, a appris L’Agefi.

«L’objectif de la mission est de voir comment on pourrait contribuer au développement du marché de l’affacturage en France et permettre à de nouveaux acteurs de se positionner», indique-t-on au cabinet de Pierre Moscovici. Le gouvernement appuie notamment sa réflexion sur le rapport publié début 2013 par l’Inspection générale des finances (IGF) et supervisé par Jean-Michel Charpin.

Le marché de l’affacturage, qui permet aux entreprises de recouvrer et de recevoir par anticipation le montant de leurs créances, est dominé par cinq acteurs qui représentent environ 80% de l’activité selon l’IGF. Ces acteurs sont GE Capital FactoFrance, Eurofactor (filiale due Crédit Agricole), BNP Paribas Factoring, Natixis Factor et la Compagnie Générale d’Affacturage (Société Générale).

Le rapport de l’IGF soulignait que, pour certains, la domination des acteurs bancaires sur le marché avait un impact négatif sur le financement des entreprises si l’affacturage est proposé en substitution du financement de court terme classique. Dans ce contexte, l’application en France de la régulation bancaire européenne (CRD 4), pourrait être l’occasion de faciliter l’entrée d’acteurs nouveaux sur le marché.

L’affacturage concernait quelque 38.000 entreprises l’année dernière, pour un encours affacturé de près de 27 milliards d’euros, selon l’Association Française des sociétés financières (ASF). Même si le marché français a connu une forte croissance au cours des années 2000 et qu’il est le troisième au niveau mondial (derrière la Chine et la Grande-Bretagne), on fait valoir à Bercy que l’encours affacturé est plutôt faible par rapport à l’encours total de crédit inter-entreprises (4,1% fin 2011 selon l’IGF).

Sur le point d’être consultés, les professionnels voient d’un bon œil les autorités s’intéresser à l’affacturage. «Tout ce qui peut alléger les contraintes prudentielles sur un métier qui objectivement s’est très bien comporté depuis la crise et qui est très mature est bien accueilli », explique Françoise Palle-Guillabert, délégué général de l’ASF. Du côté de la CGPME on indique que «chez nos adhérent deux points posent problème: le premier c’est la complexité de l’affacturage et le deuxième son coût».

A lire aussi