Markit défie Bloomberg en lançant une messagerie instantanée fédérative

le 08/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fournisseur de données financières veut agréger les plates-formes d'échange de données pour abaisser les coûts de ses clients

Markit défie Bloomberg avec sa messagerie. Photo: PHB

Faire tomber le quasi-monopole de Bloomberg. C’est l’ambition du britannique Markit, qui a annoncé hier le lancement d’une messagerie instantanée agrégeant les systèmes existants. Baptisée Markit Collaboration Services, elle intègre Eikon Messenger, la solution développée par Thomson Reuters, grand rival de Bloomberg dans l’information financière. «Ce nouveau réseau abat les barrières de communication dans l’industrie en permettant aux plates-formes de messagerie, incontournables dans la découverte des prix et dans les opérations de pré- et post-trade, de se connecter entre elles», assure Markit dans un communiqué.

Huit de ses actionnaires participent au projet. Au côté des cinq banques américaines BoA-Merrill Lynch, Citi, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley, figurent trois européennes: Barclays, Credit Suisse et Deutsche Bank. Aucune française n’est citée.

Le nouveau service a vocation à fédérer différentes plates-formes d’envoi de messages, vidéos et documents et de chat (discussion instantanée) en recourant à l’informatique en nuage (cloud computing). Il s’appuie sur les 200.000 utilisateurs revendiqués par Eikon et cible le million de salariés de ses partenaires bancaires, même s’il s’adresse en priorité aux opérateurs de marché et aux investisseurs professionnels. «En leur offrant un système de collaboration interopérable, nous allons changer la manière d’opérer des marchés financiers, n'hésite par à déclarer Lance Uggla, directeur général de Markit.

Son offre mise sur la sécurité (cryptage des données et absence de stockage des messages) et sur sa souplesse d’utilisation. La messagerie et les bases d’information de Bloomberg sont en effet accessibles d’un seul poste à la fois et au prix de 20.000 dollars (14.700 euros) environ par an et par écran. Markit n’a pas fourni de détails sur le prix de son service qui se veut d’un «bon rapport coût/efficacité», à l’heure où les banques d’investissement cherchent de nouvelles sources d’économies. Reste à savoir s’il pourra gagner la confiance des utilisateurs, un facteur clé pour se substituer à Bloomberg, alors que ce dernier a reconnu il y a quelques mois que ses journalistes avaient pu espionner certains de ses clients.

Hasard du calendrier, ce dernier a dévoilé hier que Markit ne devrait pas faire l’objet de sanctions aux Etats-Unis pour son rôle clé sur le marché des CDS (credit default swaps), mais la Commission européenne continue d’enquêter.

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