Gide Loyrette Nouel et Veil Jourde renoncent à leur projet de fusion

le 20/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au vu de leur différence de taille, les deux cabinets d’avocats n’ont pas trouvé d’accord. Gide travaille sur d'autres dossiers de fusion

Photo: PHB

Les cabinets d’avocats d’affaires Gide Loyrette Nouel et Veil Jourde ont arrêté leurs discussions en vue d’une fusion. Un accord n’a pu être trouvé sur les modalités d’un tel rapprochement. «Il s’est avéré compliqué d’aboutir à un accord en vue d’une fusion du fait de notre différence de taille, d’homogénéiser nos offres à la clientèle. Gide est l’un des premiers cabinets français et assume le coût d’une présence internationale, alors que notre structure légère s’apparente à une "boutique haute couture" du droit», explique à L'Agefi Jean Veil, associé et fondateur de Veil Jourde.

De fait, l’opération envisagée était loin d’être une fusion entre égaux.Veil Jourde compte 40 avocats et a réalisé 17 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012. De son côté, Gide Loyrette Nouel dispose de 650 avocats dont 350 à Paris et de 18 bureaux à l’international. Son chiffre d’affaires s’est élevé en 2012 à 190 millions d’euros, dont 134 millions en France.

Cependant, ce fleuron français traverse une période difficile. Pas moins de six associés ont quitté le cabinet depuis le début de l’année. Par ailleurs, son chiffre d’affaires stagne en France, sur fond de crise économique et de concurrence exacerbée. Face à cette situation, Gide a décidé de se lancer dans une opération de croissance externe, pour la première fois de son histoire. «Nous avions souhaité nous rapprocher de Veil Jourde pour nous renforcer sur le marché français, notamment dans le contentieux», explique Stéphane Puel, l’associé-gérant de Gide. Les discussions ont été facilitées au départ par le fait que Jean Veil, âgé de 66 ans, a longtemps travaillé chez Gide, avant de créer son cabinet en 1990. Depuis, Veil Jourde s’est illustré à travers de nombreuses affaires, en représentant notamment la Société Générale contre Kerviel, et actuellement Jérôme Cahuzac. Se rapprocher de Gide lui aurait permis d’être présent à l’étranger, à l’heure où les entreprises s’internationalisent, et d’assurer sa pérennité. «Nous allons continuer d’envisager toutes les opportunités permettant d’améliorer nos services à notre clientèle», indique Jean Veil.

De son côté, Gide continue de miser sur une opération de croissance externe. «Nous travaillons à d’autres opportunités significatives qui devraient aboutir avant la fin de l’année. Nous voulons participer au mouvement de consolidation du marché français du droit des affaires», déclare Stéphane Puel.

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