La transmission d’entreprises de taille moyenne décroche en zone euro

le 26/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans un marché déprimé, les fonds de LBO et les corporates paient désormais leurs acquisitions à des prix similaires, selon Argos Soditic

La stabilité des valorisations masque mal la déprime du marché. Au deuxième trimestre, les rachats d’entreprises non cotées de taille moyenne (d'une valeur de 15 à 150 millions d’euros) ont chuté dans la zone euro. L’activité de fusions-acquisitions «enregistre une baisse historique de 42% en volume et 45% en valeur atteignant ainsi son plus bas niveau depuis dix ans, selon le dernier baromètre d’Epsilon Research pour le fonds Argos Soditic. Le recul de l’activité LBO ce trimestre est encore plus marqué avec une baisse de 63% en volume et de 82% en valeur».

Ce qui ne change pas, ce sont les valorisations. Pour le deuxième trimestre consécutif, les corporates et les fonds ont fait leurs emplettes à des prix similaires. De mai à fin juin, ils ont déboursé en moyenne 6,7 fois l’Ebitda de leur cible, contre respectivement 6,5 et 6,6 fois trois mois plus tôt (voir le graphique). La valorisation des LBO est redescendue au niveau de mi-2012, tandis que les prix payés par les corporates restent durablement inférieurs aux multiples d’avant mi-2012. La part des LBO remonte : ils représentent 37% des 70 transactions du premier semestre, niveau inégalé depuis 2010.

Autre particularité, avec 40 % du volume total des opérations du semestre, «c’est la première fois depuis 2009 que la France a ce poids dans cet indice, relève Gilles Mougenot, président d’Argos Soditic. Un chiffre difficile à interpréter qui dépend de la qualité de la collecte d’information, mais le faible volume de transactions permet d’avoir un bon niveau de couverture ». L’Italie arrive deuxième (20%), devant l’Allemagne (15%). Beaucoup de cibles sont toutefois très internationalisées, à l’image du français Trescal valorisé 250 millions d’euros lors de son rachat par Axa PE en juin, contre 106 millions en 2010.

Pour le deuxième trimestre consécutif, les corporates et les fonds ont acheté à des prix similaires
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Pour le deuxième trimestre consécutif, les corporates et les fonds ont acheté à des prix similaires

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