La norme comptable IFRS 13 coûte cher à Dexia

le 02/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'application de la norme sur l'évaluation à la juste valeur des dérivés aura un effet comptable évalué à 450 millions d'euros au premier trimestre

Dexia indiquait dans son rapport annuel 2012 que les conséquences de l’entrée en vigueur de la norme comptable IFRS 13 – sur l’évaluation à la juste valeur de produits dérivés – étaient en cours d’analyse. Les premières estimations sont tombées hier.

La valorisation des dérivés que la banque (détenue à 95% par les Etats belge et français et en cours de démantèlement) a contractés devrait peser 450 millions d’euros dans ses comptes semestriels au 30 juin. «Ce chiffre […] est encore susceptible d’évoluer à la hausse comme à la baisse notamment en fonction des conditions de marché qui seront observées le 30 juin 2013. Il sera revu par les auditeurs», ajoute l’établissement. Il précise que l’effet est comptable et n’implique aucune sortie de trésorerie. La somme sera reprise graduellement à mesure de l’amortissement des dérivés, Dexia ayant l’intention de porter les actifs sous-jacents à maturité.

Un tel montant est la conséquence de l’importance pour Dexia des instruments dérivés pour exercer son métier: sans collecte de dépôts, sa filiale française Dexia Crédit Local (DCL) menait son activité de prêt aux collectivités locales en empruntant à court terme. «Tous les éléments du bilan exposés au risque de taux d’intérêt ont été swapés. Cela relève d’un choix ancien. La banque a privilégié le ‘micro-hedging’, c’est-à-dire la couverture individuelle de chaque contrat de créance, plutôt que d’opter pour une couverture globale de son portefeuille», indique un porte-parole. Le notionnel de swap atteignait 600 milliards d’euros en 2008, avant le sauvetage de l’établissement. Il atteignait encore 450 milliards d’euros fin 2012, selon son rapport annuel.

IFRS 13 modifie la méthode de valorisation à la juste valeur des dérivés «collatéralisés» (associés à un mécanisme d’appel de marge). La valeur liquidative de ces instruments n’est désormais plus actualisée sur une courbe de l’Euribor (3 ou 6 mois en général), mais sur la courbe du taux au jour le jour des dérivés (OIS, overnight indexed swap). L’instant du passage de l’un à l’autre modifie la valeur des dérivés.

La norme conduit également Dexia à modifier le calcul de sa CVA (Credit Value Adjustment ou provision pour risque de contrepartie applicable aux dérivés collatéralisés) et d’introduire une DVA (Debit…), «miroir» des CVA et qui équivaut au risque de dette propre applicable à ces instruments.

A lire aussi