Le FESF passe le relais au MES pour tout éventuel nouveau programme d’aide

le 28/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds de secours réduit son activité à compter de lundi 1er juillet à la gestion des programmes existants d'aide à l’Irlande, au Portugal et à la Grèce

Le FESF est mort, vive le FESF ! Le Fonds européen de stabilité financière va comme prévu franchir ce dimanche, le 30 juin, une étape symbolique de son existence après trois années de bons et loyaux services. Mis en œuvre de façon temporaire précisément pour cette durée, le fonds passe le relais au MES, le Mécanisme européen de stabilité, dispositif permanent de financement de tout éventuel nouveau programme de soutien aux Etats, et déjà présent aux côtés de l’Espagne, pour ses banques, et de Chypre.

Si le FESF n’a plus vocation à monter au front en première ligne, il se prépare à une retraite très active. Il restera en fonction pour toute la durée des prêts dont il a aujourd’hui la charge, soit quelques décennies.

Mardi encore, le fonds a annoncé le versement de 3,3 milliards d’euros au bénéfice de la Grèce. Un prêt d’une maturité de 32 ans qui porte à 130,6 milliards les sommes reçues par le pays dans le cadre d’un programme d’aide de 144,6 milliards. La veille, le FESF décidait d’augmenter de sept ans la maturité pondérée moyenne des prêts accordés à l’Irlande et au Portugal. Une extension destinée selon le directeur général du fonds Klaus Regling à «renforcer la confiance des intervenants de marché et ainsi protéger l’Irlande et le Portugal de tout risque de refinancement». Le fonds s’est engagé pour un montant de 26 milliards d’euros auprès du Portugal, soit un tiers du programme européen de soutien.

Côté irlandais, le FESF participe à hauteur de 17,7 milliards au programme de 85 milliards,: il a d’ailleurs annoncé le 18 juin avoir débloqué 1,6 milliard pour le pays, portant à 14,4 milliards déjà sa contribution effective. Celle-ci est appelée à durer, le dernier prêt ayant une maturité de 29 ans qui prévoit donc des remboursements jusqu’en 2042.

Saluant le rôle déterminant du pare-feu dans son «mandat initial» pour maintenir la stabilité de la zone euro, son directeur général adjoint Christophe Frankel a souligné que le FESF avait levé «avec succès» 98 milliards d’euros depuis son émission inaugurale de janvier 2011.

Après la finalisation des programmes d’aide (fin 2013 pour l’Irlande, en 2014 pour le Portugal et la Grèce), le FESF «restera pour les années à venir un émetteur important d’obligations à moyen et à long terme». Il prévoit d'émettre pour 13,0 et 7,5 milliards aux troisième et quatrième trimestres, soit 58 milliards sur l'année 2013.

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