La Caisse des dépôts se recentre dans un contexte de pénurie

le 05/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En perte en 2012, l'institution présentera un nouveau plan stratégique en juin, dans lequel l'international sera un axe majeur de développement

Photo: PHB

Après un exercice 2012 marqué par des dépréciations massives, qui ont provoqué une perte de 458 millions d’euros, la Caisse des dépôts (CDC) aura l’occasion en 2013 de «se recentrer sur ses missions d’intérêt général», a indiqué hier son nouveau directeur général Jean-Pierre Jouyet, à l’occasion de la présentation des comptes.

Un nouveau plan stratégique sera présenté en juin prochain. Plusieurs orientations sont déjà définies. Notamment «la modernisation de la fonction de tiers de confiance et de gestionnaire d’épargne, qui font partie de nos mandats historiques». Le plan visera en outre à améliorer les coopérations entre les expertises et métiers du groupe.

Une autre ambition est internationale. L’établissement «doit devenir le partenaire de référence des fonds souverains», insiste Jean-Pierre Jouyet. La CDC espère signer prochainement plusieurs partenariats en Chine dans les secteurs comme le développement durable, les transports, ou la santé. Elle est coutumière de ce type d’accord, en témoignent les fonds franco-chinois Cathay Capital et celui créé avec Qatar Holding. «Nous discutons actuellement avec les Emiratis, autour de projets relatifs au développement durable urbain», précise le directeur général.

Les nouveaux outils créés depuis un an contribueront aux efforts de la CDC en région. Notamment la Banque publique d’investissement, mais aussi les 20 milliards d’euros de prêts à long terme mobilisés sur les fonds d’épargne (destinés au financement de projets structurants des collectivités locales), ainsi que les prêts à court et moyen termes commercialisés avec la Banque Postale.

Pour partir sur ces nouvelles bases, la direction a passé ses comptes «à la paille de fer»: la CDC a enregistré 2 milliards d’euros de dépréciations en 2012, dont un milliard sur France Télécom via le FSI, 453 millions sur Dexia – deux opérations «héritées du passé» – et 200 millions liés à la reprise de Transdev à Veolia.

Mais la marge de manœuvre financière de la CDC restera réduite. Jean-Pierre Jouyet a reconnu que des efforts doivent être faits dans la maîtrise des coûts. C’est également la raison pour laquelle la CDC se montrera un actionnaire exigeant. «Nous comptons bien toucher des dividendes dès 2013 de la part de la Banque publique d'investissement», a prévenu le directeur. Concernant ses participations financières, l’établissement examinera «toutes les conditions qui [lui] permettront d’optimiser [son] patrimoine».

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