Les acteurs du post-marché sont inégalement préparés à Target 2 Securities

le 11/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les coûts d'adaptation à la plate-forme unique de réglement-livraison devraient varier entre 7 et 27 millions d'euros, selon le cabinet Celent

Les acteurs du post-marché sont inégalement préparés aux conséquences de Target 2 Securities (T2S), la future plate-forme unique de règlement-livraison au sein de la zone euro, estime le cabinet Celent. D’autant qu’elle se conjugue au projet de réglementation européenne sur les dépositaires centraux de titres (CSDR).

«Le cumul de T2S et de la CSDR menace les sources de revenu –règlement-livraison, services titres, relation émetteur, etc.– tout en exigeant des investissements importants pour adapter les back offices», indique Celent. Pour les intermédiaires concernés –dépositaires, banques et courtiers– les coûts d’adaptation sont estimés de 7 millions à 27 millions d’euros en moyenne, selon l’ampleur de la modernisation envisagée: 7 millions pour simplement adapter et accroître les capacités d’une plate-forme de règlement-livraison existante; 12 millions pour les acteurs qui envisagent de remplacer leur plate-forme de règlement-livraison mais sous-traiteront les activités de conservation et de services titres internationales; 27 millions pour ceux qui entendent moderniser l’ensemble de leurs plates-formes (règlement-livraison et conservation) à l’échelle pan-européenne et acquérir ainsi le statut de Direct Connectivity Actors (DiCoA).

«Alors que la dernière approche n’était envisagée que par un nombre très limité de participants dans l’édition 2011 de notre étude, les conséquences probables de la mise en œuvre cumulée de T2S et de CSDR ont relancé les discussions en sa faveur parmi les leaders du marché», estime Celent, qui précise que les acteurs choisiront leur stratégie largement en fonction du nombre de marchés qu’ils couvrent, des volumes en jeu et du montant de leurs actifs sous gestion. «Le troisième scénario convient principalement à de très grandes institutions», conclut l’étude.

Globalement, Celent estime que seuls quelques acteurs pourront tirer profit de la nouvelle situation et capter les nouvelles sources de revenus. Parmi elles, les services de transformation du collatéral, pour lesquels la demande devrait progresser en raison des exigences réglementaires relatives à la compensation des contrats de gré à gré. Or, «T2S contribuera à améliorer les flux de collatéral au sein de la zone euro», précise Celent, mais un tel service n’aura de sens pour un dépositaire central que s’il dispose d’une offre importante en gestion du collatéral et d'une large palette d’actifs en conservation.

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