Liquidnet Europe veut séduire plus d'investisseurs institutionnels sur le continent

le 06/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le «dark pool» basé à Londres compte convaincre de nouveaux clients en France et en Allemagne

La plate-forme de trading actions opaque (dark pool) Liquidnet Europe veut renforcer son implantation sur le continent. «En Grande-Bretagne, seule une poignée d’investisseurs institutionnels ne travaille pas avec nous. Nous avons des opportunités importantes sur le continent, où nous faisons face à la méconnaissance de notre modèle», explique Mark Pumfrey, PDG de Liquidnet Europe depuis décembre 2012.

Liquidnet, également présent en Asie et en Australie, a été lancé aux Etats-Unis en 2001. Le groupe est majoritairement détenu par son fondateur, Seth Merrin. La branche européenne, inaugurée en 2002, compte aujourd’hui 100 clients (membres). Mark Pumfrey souhaite augmenter ce nombre de 10% en 2013 et en 2014. Les volumes traités par des clients continentaux représentent 10% du total des volumes européens mais sont appelés à «augmenter significativement». Depuis six mois, Liquidnet Europe travaille à rallier des clients en France. Il voudrait aussi s’implanter davantage en Allemagne, aux Pays-Bas, dans les pays nordiques et en Suisse, explique son PDG.

Selon le classement établi pour l’Agefi par Equinox Consulting, Liquidnet avait une part de marché de 0,18% en Europe sur le FTSE 100 en 2012 (contre 0,21% en 2011), derrière Bats Dark Chi-Delta, UBS MTF ou encore Turquoise Dark. La plate-forme n'a pas échappé à la crise: le volume quotidien moyen était de 193,6 millions de dollars en 2012 contre 258,6 millions en 2011.

Pour se faire une place au soleil, Liquidnet Europe assure qu’il n’est pas un «dark pool» comme les autres. Comme sur ces autres plate-formes, les ordres sont passés sans que les prix et les quantités des intérêts vendeurs et acheteurs ne soient publiés avant la transaction. Mais Liquidnet Europe se veut réservé aux investisseurs institutionnels qui souhaitent traiter des blocs de titres et non aux acteurs du «sell-side» ou du trading à haute fréquence.

«Nous faisons peut-être payer des commissions plus élevées pour les ordres passés que d’autres dark pools, mais ce que nous apportons en termes d’amélioration des prix, de qualité de la liquidité et d’impact réduit sur les marchés est beaucoup plus important pour nos membres», défend Mark Pumfrey. Selon lui, en moyenne, les institutionnels ont gagné 100 points de base en traitant sur la plate-forme et la taille moyenne des ordres exécutés sur celle-ci est plus de 100 fois supérieure à celle passée sur les autres «dark pools».

A lire aussi