L'année 2013 commence plutôt bien pour le marché de la titrisation

le 16/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'amélioration des conditions financières dans la zone et des changements réglementaires lui sont favorables mais des analystes restent prudents

L'année 2013 commence plutôt bien pour le marché de la titrisation

L’année 2013 s’est ouverte sous d’heureux auspices pour les spécialistes du marché de la titrisation. La présentation l’été dernier par la Banque centrale européenne (BCE) de son dispositif de lutte contre l’augmentation des taux souverains (OMT), a en effet entraîné un fort resserrement des spreads sur toutes les classes d’actifs et soutenu les émissions. Non seulement, les conditions financières en zone euro se sont nettement améliorées, mais certaines initiatives de l’industrie pour améliorer la standardisation des opérations (comme le label PCS) et des évolutions réglementaires récentes (comme le traitement plus favorable que prévu des RMBS dans Bâle 3), sont de bon augure pour le marché.

«Toutes ces conditions devraient être selon nous propices à créer un nouveau souffle et à voir ressurgir des émetteurs et même des classes d’actifs absents du marché depuis plusieurs mois, voire des années», écrit Henri de Mont-Serrat, analyste chez Natixis. Il souligne qu’en dépit de la baisse significative du volume total d’émissions entre 2011 et 2012 (de 325 à 224 milliards d’euros), la part des titrisations placées sur le marché a augmenté. Les analystes de RBS restent cependant prudents: «Si la performance du marché de la titrisation doit être jugée à l’aune du marché primaire, nous pensons que l’année à venir sera à nouveau décevante», écrivent-ils. Ils s’attendent à 50 milliards d’euros de volumes d’émissions en 2013 contre 65 milliards d’euros en 2012. Cette estimation pour les émissions publiques est partagée par les analystes de Barclays.

D’après Natixis, les émissions en 2013 de RMBS seront notamment portées par les remboursements de tranches, financés par l’émission de nouveaux titres. Près de 18 milliards d’euros d’amortissement sont attendus pour les RMBS britanniques et 24 milliards d’euros pour les RMBS hollandais. «Il est probable le Funding for Lending Scheme de la Banque d’Angleterre (mécanisme de soutien au crédit), nuise aux émissions de RMBS de bonne qualité, le principal secteur d’émissions pour le marché des ABS européens», nuance-t-on toutefois chez Barclays.

Comme les analystes de RBS, Henri de Mont-Serrat se montre confiant sur les perspectives des ABS auto dont le marché devrait, selon lui, «continuer d’être actif en primaire en 2013, les originateurs ayant de plus en plus intérêt à titriser leurs prêts et les investisseurs restant friands» de ce papier de bonne qualité, écrit-il.

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