Une nouvelle banque d'investissement tombe dans l'escarcelle des fonds

le 03/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec l'acquisition de Duff & Phelps par un consortium mené par Carlyle et Pictet, la consolidation des banques d'investissement se poursuit

Le logo Duff & Phelps en couverture du rapport annuel. Photo: PHB/Agefi

L’intérêt des fonds de capital-investissement pour le secteur financier ne se dément pas. Un consortium composé des fonds de private equity Carlyle et Stone Point Capital, ainsi que des banques privées Pictet et Edmond de Rothschild, va acquérir la banque d’investissement indépendante Duff & Phelps, cotée à New York. Selon les termes du contrat, il versera comptant 15,55 dollars par action (soit une prime de 19,2% par rapport au cours de clôture du titre le 28 décembre dernier), valorisant la cible à 665,5 millions d’euros.

Cela dit, Duff & Phelps pourra accepter toute autre proposition mieux disante (go-shop period) jusqu’au 8 février, au prix du versement de frais de rupture de 6,65 millions de dollars au consortium si la banque rompait définitivement l’accord avant le 8 mars.

La future répartition du capital entre les membres du consortium n’a pas été communiquée, mais l’accord stipule qu’aucun d’entre eux ne pourra contrôler seul plus de 35% du capital de Duff & Phelps.

L’opération, si elle était menée à terme, serait une preuve supplémentaire de la difficulté des banques de taille moyenne à rester rentables, donc indépendantes, à long terme face au renforcement de la réglementation, qu’elle soit nationale (loi Dodd-Franck, dont la règle Volcker, aux Etats-Unis), ou internationale (Bâle 3). En novembre dernier, Jefferies, une autre institution de taille moyenne emblématique de la Place financière new-yorkaise, se faisait racheter par Leucadia National Group, qui en détenait déjà 28%. Quelques jours plus tôt, KBW acceptait de se rapprocher de Stifel Financial Corporation.

Dans ce contexte, les fonds d’investissement ne sont pas inactifs. Certains – Stone Point – sont même spécialisés dans le secteur financier. Ils ont des arguments à faire valoir: paraître plus indépendants aux yeux des clients des cibles; Carlyle et Stone Point mettent aussi en avant la mobilisation de leurs réseaux internationaux pour développer Duff & Phelps.

La présence de Pictet est elle plus surprenante, puisque sa stratégie était jusqu’à présent exclusivement axée sur la croissance interne. En outre, le statut de banquier privé en Suisse ne pousse pas à une grande prise de risque, puisqu’il instaure la responsabilité personnelle illimitée des associés. Mais avec Pictet et Edmond de Rothschild à son capital, Duff & Phelps espère avoir gagné deux nouveaux clients institutionnels internationaux d’envergure.

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