Barclays déserte à son tour le parquet du London Metal Exchange

le 23/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ce retrait suit celui de Natixis en juillet. Onze sociétés continuent de négocier à la criée

Nouvelle illustration des bouleversements à l’œuvre sur les infrastructures de marché, Barclays a déserté hier le traditionnel «ring» du London Metal Exchange (LME). La banque britannique ne quitte bien entendu pas la bourse londonienne des métaux mais devient un membre de catégorie 2 (associate broker clearing), admis aux échanges par voie électronique (LMEselect) et par téléphone. Elle a assuré rester «profondément engagée» vis-à-vis du LME.

Le LME compte désormais 28 membres de catégorie 2, dont Goldman Sachs, UBS, Standard Chartered, Standard Bank et Icap. Seules onze sociétés, dont JPMorgan, Marex Spectron ou Sucden Financial, continuent de négocier à la criée et font partie de la catégorie 1 (ring dealing).

«Ils ont probablement décidé que cette fonction n’était pas vitale», estime Ian Gordon, analyste chez Investec. «Est-ce qu’il s’agit d’une poursuite du programme de réduction de coûts ? Oui, probablement». Barclays, qui a baissé ses dépenses de plus de 500 millions de livres sur les dix-huit derniers mois, marche sur les traces de Natixis qui avait pris la même décision en juillet et rejoint la catégorie 2.

En revanche, Jefferies s’est invité sur le «ring» en septembre, récupérant au passage plusieurs traders de la filiale de BPCE. La société de courtage, qui a engagé 60 personnes pour sa filiale de métaux rachetée à Prudential Financial pour 422 millions de dollars, vise une part de marché supérieure à 20%.

Le LME, qui a été racheté pour 2,2 milliards de dollars déposés par le Hong Kong Stock Exchange, tourne à plein régime. Le volume de trading a atteint un record pour la seconde année consécutive en 2012, a récemment annoncé le directeur général du LME, Martin Abbott. La plate-forme a traité l’an dernier 146,6 millions de contrats valorisés à 15.400 milliards de dollars sur du cuivre et d’autres métaux industriels.

Vieux de 135 ans, le LME contrôle 80% du négoce mondial des futures sur les métaux industriels. Il devrait prochainement annoncer la mise en œuvre à compter de mi-2013 d’un système permettant la cotation des métaux aux heures d’ouverture des marchés asiatiques. Un cadeau de bienvenue à son nouveau propriétaire.

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