Carlyle confirme sa poussée de fièvre acheteuse auprès de DuPont

le 31/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de private equity a conclu le rachat pour 4,9 milliards de dollars de l’activité de peinture auto du chimiste américain

L’été n’aura pas été de tout repos pour Carlyle. Le groupe fondé à Washington vient de clore le mois d’août en beauté, faisant part de sa troisième acquisition d’envergure du mois. Après la reprise pour un montant indéterminé de TCW, la filiale américaine de gestion d’actifs de SocGen, et celle de l’agence photos Getty Images pour 3,3 milliards de dollars, il s’offre l’activité de revêtements automobiles du chimiste américain DuPont.

Montant de l’investissement en numéraire : 4,9 milliards de dollars, puisé dans les véhicules Carlyle Partners V et Carlyle Europe Partners III. Le fonds prendra également à sa charge 250 millions de dollars d’engagements retraite européens non financés. Selon les données compilées par Bloomberg, Carlyle a signé pas moins de 16 milliards de dollars d’opérations de rachat depuis le début de l’année. Apollo Global et Blackstone sont largement distancés, avec respectivement 7,9 milliards de dollars et 6,8 milliards.

Du côté de DuPont, l’opération lui permet de se séparer d’une activité à faible marge et croissance lente. Le groupe avait fixé à sa division des objectifs de long terme incluant une croissance annuelle des ventes comprise entre 3% et 5%, le niveau le plus faible parmi toutes ses activités. La conjoncture est difficile pour cette branche dénommée «DuPont Performance Coating» (DPC), avec une production automobile encore en retrait par rapport au pic atteint avant la récession et un prix du dioxyde de titane, un composant essentiel de la peinture, en hausse.

Cette cession doit permettre au groupe de se recentrer sur des activités disposant d’un potentiel de croissance plus important, comme les biocarburants ou l’agriculture. Elles représenteront alors plus de 60% du chiffre d’affaires, contre environ 40% il y a cinq ans, a précisé le directeur financier de DuPont Nicholas Fanandakis.

Une transition illustrée notamment par le rachat l’an dernier pour 6,6 milliards de dollars du danois Danisco, un spécialiste des enzymes industrielles. Le chimiste ne rompra pas pour autant ses liens avec l’industrie automobile, cette dernière devant encore lui apporter plus de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires via la commercialisation de matériaux de pointe.

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