Hong Kong cible les banques pour assainir son marché des introductions en Bourse

le 10/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le régulateur veut engager la responsabilité des sponsors sur la qualité des dossiers qu'ils vendent. Un projet qui pourrait ralentir le rythme des IPO

Vue nocturne de Hong Kong. Photo: ©Ton Koene/ZUMA/REA

Jusqu’à trois ans de prison ferme : telle est la peine maximale que pourraient désormais encourir à Hong Kong les banquiers peu regardants sur la qualité des dossiers proposés aux investisseurs. L’autorité locale des marchés, la Securities and Futures Commission (SFC), a lancé une consultation publique ouverte jusqu’au 6 juillet pour sécuriser davantage les introductions en Bourse. Un dispositif qui reposera avant tout sur la responsabilisation des banquiers du primaire actions.

«Nos propositions ont vocation à encourager les meilleures pratiques chez tous les sponsors, que les investisseurs considèrent comme les gardiens de la qualité du marché», a souligné Ashley Alder, directeur général de la SFC, hier. Le régulateur veut que les banquiers chargés des introductions en Bourse aient la même responsabilité que les dirigeants de la société si les informations contenues dans le prospectus d’IPO se révèlent trompeuses. D’où la peine de prison maximale de trois ans, et une amende pouvant aller jusqu’à 700.000 dollars de Hong Kong (70.000 euros). Il compte aussi imposer un code de conduite plus strict. Mais des recommandations identiques, en 2005, avaient dû être retirées sous la pression du secteur financier.

Cette annonce fait suite à plusieurs scandales à la Bourse de Hong Kong, liés notamment à des sociétés de Chine continentale. Dans un cas, par exemple, les sponsors avaient omis de révéler des accords potentiellement illégaux entre l’émetteur et l’un de ses fournisseurs. Leurs procédures internes étaient parfois trop vagues ou mal respectées.

Hong Kong a connu un afflux d’IPO entre 2009 et 2011, avec l’équivalent de 74 milliards de dollars américains de capitaux levés ces deux dernières années. Place de cotation naturelle pour les sociétés chinoises, elle attire aussi les émetteurs étrangers, le joailler britannique Graff étant le prochain à s’y lancer fin mai. Mais l’explosion des listings a conduit les banques à traiter trop de dossiers trop rapidement, estime Mark Dickens, responsable des cotations au Hong Kong Stock Exchange, cité par Bloomberg.

Les nouvelles règles, si elles se mettent en place, devraient conduire à un écrémage des projets d’IPO, au moins à court terme. Les petites levées de fonds, inférieures à 150 millions de dollars, pourraient en pâtir les premières. Un mal nécessaire pour rétablir la confiance des investisseurs.

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