Les discussions entre CA CIB et Citics rebondissent avec l'exclusion de Cheuvreux du périmètre

le 30/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BFI du Crédit Agricole est en revanche prête à sortir du courtage asiatique en négociant avec le chinois la cession de la totalité de CLSA

Le projet de rapprochement entre Cheuvreux et CLSA, destiné à donner naissance à un «leader mondial du courtage», aura fait long feu. CA CIB et Citic Securities (Citics) ont fait part hier soir d'une nouvelle évolution du périmètre des discussions, quatrième mouture d'un accord qui a perdu beaucoup de consistance au fil du temps. Alors que le dernier projet, présenté en juillet 2011, prévoyait que Citics prenne 19,9% de CLSA et de Cheuvreux pour 374 millions de dollars, le courtier sur actions européennes est lâché en pleine course.

«CA Cheuvreux ne figure plus dans le périmètre de la transaction et ses nouvelles orientations stratégiques seront annoncées ultérieurement», indique le communiqué cosigné par CA CIB et Citics. Des enjeux de gouvernance vont également se poser, alors que Jonathan Slone, PDG de CLSA et président de Cheuvreux, devait prendre la tête de l'ensemble fusionné, tandis que Jean-Claude Bassien, nommé global COO (chief operating officer), était en charge du projet de rapprochement. «CA Cheuvreux reste le courtier européen du Crédit Agricole», indiquait-on hier du côté de la banque française, même si toutes les options, y compris celle d'une éventuelle cession future, restent sur la table.

Citics semble avoir pris acte de l'évolution du contexte économique et s'est détourné au bout du compte d'un acteur dont les pertes ont quadruplé l'an dernier à 70 millions d'euros (Lire L'Agefi Quotidien du 21 mars). «Il y avait aussi un risque d'exécution puisque probablement tout le monde chez Cheuvreux ne voyait pas d'un bon œil l'idée de travailler avec un management asiatique», avance également Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW.

En revanche, le courtier chinois se montre bien plus intéressé par CLSA. Dans le cadre de la période d'exclusivité existante, qui ne comporte pas de date-butoir, les deux parties ont décidé d'engager de nouvelles discussions portant sur l'acquisition du solde de 80,1% de CLSA, «concomitamment» à l'acquisition de 19,9% du capital, «à des conditions qui seront rapidement négociées». Les liens ne seront pas rompus, assurent néanmoins les deux acteurs : CA CIB maintiendra ainsi un soutien financier, commercial et opérationnel pendant une période de transition.

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