Le fossé de financement se creuse dans le capital investissement en France

le 29/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’écart entre capitaux levés et investis a atteint un record de 3,3 milliards d’euros l’an passé. Les montants collectés hors d'Europe ont triplé

La problématique des levées de fonds s’intensifie dans le capital investissement en France. Selon les chiffres de l’Afic (Association française des investisseurs en capital), le fossé de financement,qui mesure l’écart entre les capitaux levés et investis, a atteint un record de 3,3 milliards d’euros l’an passé, contre 1,6 milliard d’euros et 900 millions en 2010 et 2009. Alors que les investissements (en hausse de 47,6% à 9,7 milliards d’euros) ont renoué avec leur niveau de 2008, ceux-ci ont été insuffisamment compensés par les levées de fonds.

Si les levées ont crû de 28% à 6,4 milliards, «ce montant ne représente que la moitié du niveau de 2008 et a été tiré par la levée d’un fonds de plus d’un milliard d’euros initiée en 2010 (celui d'Astorg, ndlr)», a souligné Chloé Magnier, chef économiste de l’Afic. Par ailleurs, alors que la plupart des fonds français lèvent moins de 20 millions d’euros, 65% des levées sont concentrés sur 13 fonds.

Les montants collectés auprès des investisseurs français ont chuté de 20% à 3,1 milliards d’euros. En revanche, la collecte en provenance de l’Europe a doublé (1,7 milliard d’euros) et celle issue du reste du monde a triplé (1,6 milliard).

Plus de la moitié des fonds levés en France «vient de l’étranger. Si Solvabilité 2 est appliquée aux fonds de pension, présents au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou dans les pays scandinaves, cela sera une catastrophe supplémentaire», a averti Hervé Schricke, président de l’Afic. Alors que la France «dispose de l’un des plus haut taux d’épargne du monde, est-il normal de devoir se tourner vers l’étranger ? », s’interroge Chloé Magnier, soulignant la problématique de l’orientation de l’épargne.

Les personnes physiques et les family offices français restent, pour la troisième année consécutive les premiers souscripteurs (918 millions d’euros contre 331 millions pour les étrangers). Les banques françaises arrivent en deuxième position (767 millions contre 134 millions pour les étrangers), suivies par les caisses de retraite étrangères (762 millions contre 126 millions côté français). Les assureurs étrangers égalent les acteurs français, avec 490 millions d’euros apportés contre 481 millions.

Parallèlement, les désinvestissements ont crû de 58,5%, à 6,3 milliards d’euros en 2011, renouant avec les niveaux de 2007.

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