L'entrée en Bourse de BTG Pactual couronne sa croissance rapide

le 05/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque d'investissement brésilienne, valorisée 15 milliards de dollars après seulement 2,5 milliards en 2009, prévoirait de coter 10% de son capital

Andre Esteves va-t-il réussir un deuxième coup de maître ? Après avoir cédé Banco Pactual à UBS pour 3,1 milliards de dollars en 2006 pour la racheter trois ans plus tard seulement 2,5 milliards, le milliardaire est en passe de tester l’appétit du marché brésilien en lançant l’introduction sur la Bourse de São Paulo de BTG Pactual, issu de la fusion entre Banco Pactual et BTG. A l’occasion de l’investissement de 1,8 milliard de dollars réalisé par les fonds souverains chinois, d’Abu Dhabi, de Singapour ainsi que les familles Rothschild et Agnelli en décembre 2010, la valorisation de la banque avait grimpé à environ 10 milliards.

Le rachat fin février du chilien Celfin Capital pour 430 millions de réaux en cash et de 2,4% des actions de BTG Pactual révèle un niveau qui serait encore plus important aujourd’hui. En effet, les analystes estiment la valeur des 2,4% du capital concédés à 355 millions de dollars, ce qui implique une valorisation du groupe comprise entre 14 et 15 milliards de dollars, soit trois fois sa valeur comptable. Un niveau supérieur à ses concurrents Itau et Banco Bradesco.

Ni le montant des actions mises sur le marché, ni le calendrier de cotation n’ont été spécifiés dans les documents enregistrés jeudi à l’occasion de cette IPO, mais les analystes tablent sur l’introduction d’un flottant de 10%. Un niveau qui permettrait à la plus grande banque d'investissement indépendante du Brésil, affichant 100,6 milliards de réaux d’actifs, de lever plus d’un milliard de dollars grâce à cette opération. Une filiale de BTG Pactual assurera elle-même, avec l’aide de Banco Bradesco, Goldman Sachs et JPMorgan, la cotation d’actions ordinaires et préférentielles, ainsi que celle de certificats de dépôt de catégorie A et B.

Des fonds qui serviront à renforcer les capitaux propres de la banque qui baissent à un rythme inquiétant selon Pedro Gomes, analyste chez Fitch Ratings. «Des pressions supplémentaires sur les niveaux de capitalisation pourraient être négatives pour la note de BTG» alerte-t-il. Le ratio de fonds propres durs a ainsi chuté de 20% en décembre 2010 à 14% fin septembre 2011, alors que la banque a dépensé 2,5 milliards de dollars en acquisitions sur les deux dernières années. Fitch note la dette de BTG BBB-, un cran en dessous de la note souveraine du Brésil et deux crans en dessous de Banco Bradesco et Itau.

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