Le régulateur suisse précise ses attentes dans le contrôle des traders

le 14/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Finma formule trente exigences pour assurer un contrôle des risques efficace dans les banques d'investissement après le scandale chez UBS

En écho au scandale qui a touché UBS après les pertes massives d’un de ses traders, l’Autorité fédérale suisse de surveillance des marchés financiers (Finma) a fait part de ses attentes en matière de contrôle des risques liés aux opérations de trading. Elle précise que l’objet de sa communication n’est pas de commenter l’affaire UBS.

«Le risque lié aux transactions non autorisées dans le négoce ne se limite pas à certains secteurs d’activités, produits ou systèmes, mais concerne toutes les activités de négoce», insiste la Finma.

Une façon de ne pas blâmer directement les activités des plates-formes Delta One, théâtre des fraudes de Kweku Adoboli chez UBS et de Jérôme Kerviel à la Société Générale, ou encore les produits ETF, dont le fonctionnement a été attaqué après les déboires de la banque suisse.

Parmi ses trente recommandations, la Finma souligne la responsabilité de la direction des banques d’investissement. «Il lui incombe en particulier d’organiser les activités de négoce de telle sorte qu’il soit possible d’identifier, mesurer et contrôler efficacement et de manière appropriée les risques liés aux opérations de négoce non autorisées». Pour cela, les mesures de contrôles doivent se faire de manière distincte entre le front-office et les unités de contrôle situées en aval.

Les systèmes de contrôle interne doivent également pouvoir mettre en place des alertes efficaces, notamment en cas de dépassement de seuils prédéfinis. «Cet impératif implique de débloquer des ressources techniques et humaines suffisantes», poursuit la Finma. Elle rappelle que les unités de contrôle doivent être formées de manière à comprendre les opérations de trading.

Les transferts de collaborateurs entre le front, le middle et le back-office, doivent aussi faire l’objet de contrôles continus. Dans les affaires Société Générale comme UBS, le trader avait d’abord officié au middle-office avant de passer au front-office, ce qui lui aurait permis de déjouer les contrôles internes. La Finma préconise une surveillance des relations entre les traders et leurs contreparties en sollicitant des confirmations pour toutes les opérations.

Enfin, en cas d’externalisation des procédures de contrôle, la banque doit évaluer en permanence la fiabilité du prestataire.

«Dans le cadre de son activité de surveillance, la Finma vérifiera dans quelle mesure les principaux établissements assujettis remplissent ces exigences», prévient le régulateur.

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