L’attentisme grandit pour les acteurs européens des fusions et acquisitions

le 18/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plus ouverts pour les « corporates », les financements resteront très sélectifs l’an prochain pour le capital-investissement privé d’effet de levier

Après un bon premier semestre, la crise des dettes souveraines a ravivé les inquiétudes pour les acteurs des fusions-acquisitions en Europe. Lors d’une table ronde organisée mardi dernier à Paris par mergermarket, Lionel Zinsou, président de PAI Partners, a souligné que la récession annoncée dans la région, une gouvernance insuffisante et les craintes de resserrement du crédit incitaient les entreprises à mettre la pédale douce sur leurs investissements, mais que «les efforts de productivité réalisés et un autofinancement élevé les placent dans une meilleure situation qu’à l’automne 2008».

Xavier Moreno, président d’Astorg Partners, a fait état d’une augmentation du coût de financement des acteurs du private equity auprès des banques, car celles-ci ont tendance à faire jouer la clause de «market flex» qui leur permet d’augmenter leur taux d’intérêt en cas de perturbation des marchés de capitaux. Sans exclure l’importance du risque systémique, il considère néanmoins que la croissance des transactions reste forte «sur certains marchés de niche permettant le montage d’opérations sans effets de levier financiers importants».

Selon Thierry d’Argent, responsable mondial des fusions et acquisitions à la Société Générale, «les cessions forcées et les opérations initiées par les industriels des pays émergents» devraient tenir le haut du pavé en Europe au cours des prochains mois, alors que le durcissement de la régulation bancaire lié à Bâle III favorisera la désintermédiation du financement de l’économie. La baisse des valorisations offre par ailleurs en théorie des opportunités d’investissement pour les grands groupes bien notés dont les conditions de financement sont plus attrayantes que celles proposées aux groupes de private equity.

Cela concerne notamment l’environnement où les multiples de valorisation représentent actuellement environ 7 fois l’excédent brut d’exploitation contre 12 fois en 2007, relève Jean-Marc Boursier, directeur administratif et financier de Suez Environnement.. Dans ce secteur, «la recherche d’une taille critique entraîne des besoins de consolidation toujours élevés», ajoute-t-il. Mais la difficulté actuelle de financer une partie des acquisitions par des levées de fonds en Bourse et l’érosion persistante de la rentabilité des investissements depuis 3 ans repousseront vraisemblablement à 2013 l’horizon de la reprise des transactions.

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