La première cession totale du FSI constitue un cas d'école

le 18/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Fonds stratégique d'investissement, qui a vendu les 18 % de 3S Photonics achetés en mai 2009, n'avait plus de rôle structurant à jouer

Pour la deuxième fois en quelques mois, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) cède ses parts dans une société. S’il avait conservé, en janvier, un ticket dans DailyMotion, le fonds souverain a réalisé la semaine dernière sa première sortie complète en vendant à Eurazeo ses actions dans 3S Photonics. Soit à peine plus de deux ans après son entrée au capital du fabricant de composants électroniques. Une stratégie qui, au premier abord, peut surprendre, le FSI se présentant comme un investisseur de long terme.

«L’actionnaire majoritaire de 3S Photonics a trouvé un accord qui lui convenait avec Eurazeo, explique Thierry Sommelet, directeur d’investissement du Fonds stratégique. Le rôle du FSI est d’accompagner les entreprises qui en ont le besoin, en tant qu’actionnaire minoritaire: pour consentir le même investissement qu’Eurazeo, nous aurions dû prendre le contrôle de la société. Ce n’est pas notre mission».

Le fonds Eurazeo Croissance a repris 83% du capital de la société, le dirigeant Alexandre Krivine et les salariés conservant le solde. Alto Invest et Midi Capital, entrés en 2009 aux côtés du FSI, sont eux aussi sortis. La filiale de la Caisse des dépôts et de l'Etat aurait certes pu rester aux côtés d’Eurazeo en minoritaire. «Au moment où l’accès des PME au financement se tend, le FSI doit mettre ses fonds là où il joue un rôle structurant, répond Thierry Sommelet. Nous l’avons joué chez 3S Photonics; aujourd'hui Eurazeo prends le relais». Un schéma qui sera sans doute appelé à se répéter dans les mois et années à venir pour d'autres participations.

En 2009, la société était en cours de redressement. Le FSI s’était engagé à mettre 10 millions d’euros, dont la moitié seulement a été appelée. Rassurés par sa présence, Alto Invest et Midi Capital avaient misé 3 millions. Depuis, l’ancien Alcatel Optronics a fait passer son chiffre d’affaires de 28 à plus de 50 millions d’euros, grâce entre autres au rachat du canadien Avensys.

Le FSI se refuse à préciser ses gains dans l’opération. «Nous sortons dans de bonnes conditions financières, appropriées au degré de risque pris», indique Thierry Sommelet. Selon d’autres sources, Eurazeo aurait investi 27 millions en equity avant de souscrire à une augmentation de capital de 10 millions, valorisant la société à près de 45 millions hors dette. Contre une valorisation de 28 millions en mai 2009.

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