Le cas Dexia divise Moody's et S&P

le 12/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si les deux agences n'ont pas la même approche sur le mode de financement de Dexia, elles voient un risque en cas de propagation de la crise grecque

Alors que S&P a confirmé jeudi la note de long et court terme A/A-1 des trois principales entités opérationnelles de Dexia, Moody’s a répliqué vendredi en abaissant de deux crans la note de long terme de ces trois entités (Dexia Bank Belgium, Dexia Crédit Local et Dexia BIL), qui passe ainsi de A1 à A3. Moody’s a toutefois confirmé la note de court terme à Prime-1, une satisfaction pour Dexia dont le besoin de financement de court terme s’élève à plus de 100 milliards d’euros.

«La dégradation de la note de long terme est à relativiser car le groupe a réalisé au 30 juin 100% de son financement de long terme pour l’année», indique un proche de la banque.

Moody’s continue de nourrir des craintes quant au montant élevé du financement à court terme dont dépend Dexia, qui rend la banque vulnérable à des conditions de marché difficiles et à une éventuelle contraction du crédit.

Les deux agences divergent sur l'effet des portefeuilles obligataires hérités de la crise que Dexia porte à son bilan. Moody’s s'inquiète des réserves négatives liées aux actifs disponibles à la vente (réserves AFS), des moins-values latentes qui pourraient être réalisées en cas de poursuite des cessions de ces actifs. Or, à fin 2011, ces réserves AFS représenteraient encore 50% du capital tier one du groupe. S&P rappelle de son côté que Dexia provisionnera 3,6 milliards d’euros au deuxième trimestre afin d’accélérer son programme de cessions d’actifs risqués et qu’au regard du rythme de cession des cinq premiers mois de 2011, le groupe ramenera à moins de 80 milliards d’euros son besoin de financement à court terme d’ici à la fin de l’année.

Enfin, Moody’s évoque, dans une moindre mesure, le fait que la réduction de ses activités de financement des collectivités locales puisse affecter sa position encore forte sur ce marché.

En revanche, les deux agences se rejoignent sur le fait qu’en cas de détérioration de la situation grecque et d’une contagion à d’autres pays de la zone, Dexia, en plus des pertes occasionnées, aura probablement des difficultés de financement et d’accès au marché. S&P indique toutefois que l’actuelle exposition de 4,3 milliards d’euros de Dexia à la dette grecque est certes importante par rapport à ses résultats mais reste absorbable du fait d’un ratio de capital élevé.

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