Les banques réorganisent leurs activités de dérivés face aux évolutions réglementaires

le 09/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après Goldman Sachs, Deutsche Bank crée une entité dédiée qui offrira à ses clients un accès à plusieurs classes d’actifs

Dans la perspective des futures évolutions réglementaires engendrées notamment par le Dodd-Frank Act, les banques d’investissement se mettent en ordre de marche et structurent leurs activités sur dérivés listés. Cette tendance, en premier lieu perceptible aux Etats-Unis, s’étend désormais au Vieux Continent, où le Parlement européen s’est prononcé le mois passé en faveur d’une compensation de manière centralisée pour les dérivés échangés de gré à gré.

Deutsche Bank vient ainsi de réorganiser ses activités dans les dérivés listés et de gré à gré, en créant une entité dédiée baptisée Markets Clearing. Cette dernière entend offrir aux clients de la banque allemande un accès aux contrats sur taux d’intérêt, devises, crédit, matières premières et actions, a expliqué mercredi Jon Hitchon, appelé à prendre la tête du nouveau pôle. Deutsche Bank offrait auparavant des services d’exécution et de post-marché séparés pour chacune des classes d’actifs.

Cette offre «sera plus tournée vers les clients institutionnels et les hedge funds» actifs dans le domaine des contrats à terme, des options et des swaps, a précisé Jon Hitchon, dans le cadre d’une interview accordée à l’agence Bloomberg.

L’initiative de refonte des activités sur dérivés a émergé outre-Atlantique. La nouvelle donne réglementaire américaine impose aux banques d’échanger leurs produits dérivés via des chambres de compensation ou de placer leurs activités dans des entités séparées. Goldman Sachs, qui se classe parmi les premiers acteurs américains dominant le marché des dérivés, a ainsi annoncé en juillet dernier la création d’un service de compensation pour ses contrats de gré à gré.

Le pôle, baptisé Derivatives Clearing Service, «vise à simplifier le processus de compensation de dérivés à travers les différents produits, classes d’actifs et régions» pour nos clients, avait alors expliqué la banque américaine, soulignant que ses clients allaient devoir «faire face à de nouvelles obligations de publications financières, de connectivité et de réglementation».

Les régulateurs américains, la SEC (Securities and Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) planchent actuellement sur l’écriture de règles en vue d'appliquer la loi Dodd-Frank Act, la version finale devant être publiée d’ici fin 2011.

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