China Development Bank dévoile ses ambitions internationales

le 24/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque chinoise, qui devrait lever 4,5 milliards d’euros à dédier au capital investissement, souhaiterait prendre une part dans TPG Capital

Tourné vers la Chine à travers la création d’un véhicule d’investissement en yuan, TPG Capital suscite lui-même les intérêts des investisseurs chinois. China Development Bank (CDB), l’un des établissements financiers les plus importants du pays sous tutelle de l’Etat, souhaiterait ainsi prendre une participation minoritaire dans le géant du private equity américain. La banque chinoise aurait l’approbation des autorités de Pékin pour se joindre à un consortium composé des fonds souverains de Singapour et du Koweït qui comptent déjà acquérir une participation de 5% dans TPG. Compte tenu de l’ampleur des réserves de change chinoises, les autorités devraient voir d’un bon œil ce type d’initiative visant à accroître la détention d’investissements dans des sociétés étrangères.

La banque publique, avec plus de 550 milliards d’euros d’actifs, sert les ambitions de Pékin à l’international grâce à un mandat de prêteur diversifié aux pays émergents qui va du financement des constructions d’infrastructures ferroviaires sur le territoire chinois aux projets énergétiques en Amérique du Sud, à la constitution d’accords dans les télécommunications en Inde ou à des projets miniers en Afrique. L’alliance de CDB avec China Export-Import Bank a ainsi distribué pas moins de 110 milliards de dollars de prêts aux gouvernements et sociétés de pays en développement en 2009 et 2010, contre un montant total de 100 milliards accordés entre mi-2008 et mi-2010 par la Banque mondiale, selon les données du Financial Times.

En 2007, elle avait déjà pris une participation de 3,1% dans Barclays pour aider la banque britannique dans sa tentative de rachat d'ABN Amro, finalement avortée. CDB avait également lorgné en 2008 Dresdner Bank puis tenté de prendre une participation importante dans Citigroup. Si ces tentatives n’ont pas abouti, elles montrent les ambitions internationales prises par la banque sous la houlette de son président, Chen Yuan. La crise passée, la banque a dévoilé fin 2010 son intention de lever 40 milliards de yuans, soit près de 4,5 milliards d’euros, destinés à financer des investissements dans des fonds de capital-investissement, et quelque 20 autres milliards de yuans pour réaliser des partenariats dans des lancements de fonds.

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