Les fonds fourbissent leurs armes pour acquérir Spie auprès de PAI Partners

le 23/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Trois consortiums s’intéressent au fournisseur de services d’ingénierie. En revanche, Bouygues dément regarder le dossier

Voici une opération qui annonce le retour des fonds face aux acteurs industriels. Sur le dossier Spie, mis en vente par PAI Partners, trois consortiums d’investisseurs financiers tiennent la dragée haute aux multinationales de la construction: CVC Capital Partners et Goldman Sachs, Bain Capital et Carlyle, ainsi que Clayton Dubilier & Rice (CD&R) et Axa Private Equity.

Alors que le mémorandum d’information n’a pas encore été envoyé par PAI Partners (conseillé par la Société Générale, BNP Paribas et Deutsche Bank), les prétendants ont déjà sélectionnés une partie des banques prêtes à financer l’acquisition. Selon une source intervenant dans l’opération, Bain et Carlyle ont fait appel à Credit Suisse, Nomura et Citigroup. CD&R et Axa PE, conseillés par Lazard, se sont notamment rapprochés de HSBC et Morgan Stanley. Sans grande surprise, Goldman Sachs intervient au titre à la fois de conseil et de banque de financement auprès du consortium qu'elle forme avec CVC.

Selon deux parties prenantes, PAI Partners espère idéalement atteindre une valeur d’entreprise de 2 milliards d’euros pour Spie. Un prix jugé toutefois excessif par les prétendants et qui représente 10,4 fois le résultat opérationnel courant réalisé par le fournisseur de services en génie industriel et en réseaux en 2010 (192 millions d’euros, en hausse de plus de 5%). Ce dernier affiche un chiffre d’affaires de 3,75 milliards d’euros. Mais le fonds pourrait attendre la clôture des résultats du deuxième trimestre pour lancer formellement le processus de cession, après la période estivale.

Si Bouygues et Vinci ont été fréquemment cités comme potentiels prétendants, ils sont peu, y compris dans l’entourage de PAI Partners, à croire au succès de l’un d’eux. Contacté par L’Agefi, Bouygues a même totalement démenti s’intéresser au dossier. «Nous ne le regardons pas», a confié le groupe, sans entrer dans les détails. Pour sa part, Vinci ne commente pas. Mais le groupe ayant déjà acquis Cegelec fin 2009, que Spie convoitait à l'époque, une offre sur la société soulèverait des questions de concurrence.

Les banques étant aujourd’hui dans de meilleures dispositions pour financer des LBO de qualité, les fonds sont de retour pour de grandes acquisitions et sont potentiellement aptes à brûler la politesse aux groupes industriels.

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