RBS poursuit le nettoyage de son bilan en cédant Priory Group

le 19/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Advent International met la main sur cet actif jugé non stratégique côté RBS pour une valeur d’entreprise de 1,1 milliard d’euros

Photo: Bloomberg

Pas à pas, Royal Bank of Scotland solde un lourd héritage. Celui d’un bilan enflé par les années d’euphorie, surtout par le rachat conjoint en 2007 d’ABN Amro aux côtés de Santander et de Fortis. Hier, la banque britannique a annoncé une cession pressentie depuis de longs mois, celle de sa participation minoritaire au capital des cliniques spécialisées dans les troubles mentaux Priory Group, à Advent International. Pour une valeur d’entreprise pouvant atteindre 925 millions de livres, l’équivalent de 1,1 milliard d’euros.

Après remboursement de la dette, RBS compte recevoir un versement en numéraire de 133 millions de livres. Conseillé par Deutsche Bank, Advent pourrait chercher à financer l'opération sur le marché obligataire.

RBS avait un temps l’an passé songé introduire Priory en Bourse, avant d’engager des discussions avec plusieurs fonds de capital investissement comme Blackstone ou Cinven. Celles avec l’américain Bain Capital, longtemps jugé favori, avaient échoué en novembre du fait d’un désaccord quant à la valorisation de l’affaire. Advent International avait fait part de son intérêt en septembre dernier pour cette cible qui gère une cinquantaine d’établissements outre-Manche. ABN Amro avait acquis Priory en 2005 auprès de Doughty Hanson, pour une valeur d’entreprise de 875 millions de livres. Le spécialiste britannique du private equity avait alors soldé un investissement réussi, après avoir acquis Priory en 2002 pour 306 millions.

La vente de cet actif de private equity, qui devrait être effective au cours du trimestre en cours selon RBS, constitue pour la banque d’Edimbourg une étape supplémentaire dans la réalisation du plan stratégique mis en œuvre d’un sauvetage de 45,5 milliards de livres par les pouvoirs publics britanniques, qui détiennent aujourd’hui 83% du capital de la banque. La cure d’amaigrissement de RBS a été dévoilée en février 2009, il y a près de deux ans déjà. Simon Maughan chez MF Global, qui se félicite qu’un «actif à problèmes ait été cédé dans le cadre de la stratégie d’allègements à travers l’ensemble du groupe», concède que «plus le processus prend du temps, plus les ventes d’actifs se révèleront périlleuses et sources de pertes».

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