L'avis de... Olivier Chaduteau, associé fondateur de Day One, cabinet de conseil en stratégie

« La place parisienne, une porte d’entrée privilégiée en Europe continentale »

le 18/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Hormis celle de Hogan & Lovells, des fusions entre cabinets d’avocats d’affaires sont-elles à prévoir ?

Des cabinets réfléchissent actuellement à des rapprochements. Parmi eux, plusieurs structures françaises nous demandent d’étudier la pertinence d’une alliance. Une telle opération ne doit pas être lancée à la légère. D’une part, les clients n’aiment pas ce genre de fusions car elles monopolisent l’attention des associés sur leurs problèmes internes. D’autre part, elles peuvent donner lieu, pour les cabinets, à des situations de conflit d’intérêts, obligeant à renoncer à un client. Enfin, il faut harmoniser le mode de rémunération des associés qui constitue une question très sensible, surtout en période de crise.

L’américain King & Spadling ouvre un nouveau bureau à Paris, l’anglais Wragge & Co s’apprête à faire de même... Assiste-t-on à un renforcement des cabinets anglo-saxons en France ?

Ces initiatives récentes n’ont rien d’exceptionnel. Elles s’inscrivent dans une tendance de fonds et confirment simplement l’attractivité de la place parisienne qui constitue, pour les Anglo-saxons, une porte d’entrée privilégiée en Europe continentale où ils s’installent par vagues successives, la dernière datant du début des années 2000.

Pourquoi Paris est-il attractif pour des acteurs anglo-saxons ?

Pour entrer sur le continent européen, Paris est préféré à Londres par les cabinets américains car la capitale britannique est isolée du reste de l’Europe. Et sur le continent, les deux pays où acteurs anglais et américains songent à s’implanter, en premier lieu, sont la France et l’Allemagne. Cette dernière est souvent écartée car elle est très décentralisée alors qu’en France, tout se passe encore à Paris.

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