L’avis de… Mathieu Chabran, directeur général de Tikehau Investment Management (TIM)

« En France, le FCT offre une alternative au financement bancaire sur les ‘loans’ »

le 17/06/2010 L'AGEFI Hebdo

Votre société de gestion est agréée pour gérer un Fonds commun de titrisation (FCT), mais avec quelle stratégie désormais sur les « prêts à effet de levier » ?

Spécialisés dans tous les segments de la dette avec Tikehau IM, nous n’avons pas cessé d’investir sur les créances décotées (pour des raisons techniques et non fondamentales) via notre fonds de crédits en situations spéciales, mais n’avons finalement pas levé de FCT dédié (comme annoncé en avril 2009) parce que la fenêtre de baisse de valeur sur les meilleurs actifs s’est refermée trop vite... Néanmoins, la volatilité actuelle des marchés peut procurer des opportunités d’achat avec décotes permettant d’atteindre des rendements intéressants (10 % ou plus), mais probablement pas suffisants pour consacrer un fonds exclusivement au marché secondaire.

Et comptez-vous vous lancer sur le marché primaire ?

Effectivement, nous comptons, du coup, lancer à la rentrée un FCT pour investir de manière pragmatique à la fois sur le marché secondaire et sur le marché primaire aux côtés de banques, comme les institutionnels peuvent le faire dans beaucoup d’autres pays. En dehors du FCT, il faut, pour participer aux syndications bancaires en France, impérativement être établissement de crédit. De petits assureurs ou family offices ne peuvent accéder à une opération comme Sebia, actuellement en cours de syndication et dont le risque nous semble correctement rémunéré. Nous aimerions donc lever plus de 100 millions d’euros dans un fonds fermé pour sept à dix ans et sans levier. Ce FCT investirait, selon sa taille et sa stratégie, sur dix à vingt lignes de prêts syndiqués en primaire ou secondaire, et offrirait donc aux investisseurs près de 500 points de base au-dessus de l’Euribor, soit environ 7 % sur la base d’un taux de swap Euribor à 5 ans à 2 %… En plus d’une protection contre une éventuelle remontée des taux (et même parfois un Euribor floor en cas de baisse), ces placements apportent une garantie senior sur des entreprises souvent peu accessibles et relativement peu risquées (leviers de 3 ou 4 fois l’Ebitda). Et bénéficient d’une valorisation moins volatile que la plupart des instruments cotés.

Une démarche dans l’air du temps…

Il faut s’adapter à l’environnement qui voit les banques plus sélectives sur leurs prêts, préférant faire de la transformation parce que cela consomme moins de fonds propres…

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