Les banques européennes, victimes collatérales

le 28/01/2010 L'AGEFI Hebdo

Une double peine. C’est le risque encouru par les grandes banques européennes, concernées à la fois par le projet de taxe Obama et la règle « Volcker ». En raison de la taille de leurs actifs outre-Atlantique, quinze d’entre elles devraient être soumises au nouvel impôt. Il pourrait atteindre 4 % du bénéfice par action de Deutsche Bank

(photo)en 2012, 3 % de celui de Barclays et 2 % à 3 % chez UBS et Credit Suisse, selon les analystes de Morgan Stanley. Le britannique Evolution Securities avance des pourcentages plus élevés (jusqu’à 12 % des profits 2011 de Dexia), mais ils pourraient être réévalués en fonction du traitement appliqué aux portefeuilles de dérivés. En valeur absolue, Barclays paierait le plus lourd tribut : 964 millions de dollars. BNP Paribas arrive en cinquième position avec 419 millions de dollars et Société Générale est huitième avec 224 millions. La limitation des activités d’investissement toucherait surtout Credit Suisse, UBS et Deutsche Bank : environ 5 % des revenus de leurs activités de marché dépendent du tradingpour compte propre, d’après KBW. Plus globalement, 1 % à 5 % du bénéfice par action des banques européennes proviennent de ces opérations, tandis que 3 % et 8 % sont liés aux fonds alternatifs et au capital-investissement, également visés. Si l’importation de telles mesures en Europe reste hypothétique, certains analystes redoutent un ralentissement de la consolidation du secteur bancaire. Dexia, RBS ou encore Société Générale pourraient pâtir de cet attentisme.

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