Babilou recourt au financement de projet pour ses crèches d’entreprises

le 22/04/2010 L'AGEFI Hebdo

En mobilisant ses partenaires financiers et les collectivités publiques, la société multiplie les ouvertures dans les centres d’affaires et les zones peuplées.

Safran, L’Oréal, Areva, Maif, Calyon, Société Générale… Le spécialiste de la conception et la gestion de crèches d’entreprises compte déjà, sept ans seulement après sa création, pas moins de 300 entreprises clientes. De la TPE au grand groupe, aucune structure ne doit renoncer d’emblée à faire bénéficier ses salariés parents de jeunes enfants d’une place en crèche dans le réseau Babilou. A la clé, des montages en forme de financements de projets associant banques, entreprises et acteurs publics, et permettant la construction de crèches privées jusque dans des lieux prestigieux comme le centre d’affaires Kléber, près du Trocadéro dans le XVIe arrondissement parisien.

Partage des coûts

Cet établissement étant, comme l’ensemble des crèches réalisées par Babilou, conforme aux normes d’accueil des crèches publiques, son chantier de construction a d’emblée bénéficié d’une subvention d’investissement de la Caisse d’allocations familiales à hauteur de 300.000 euros pour couvrir un coût d’adaptation des locaux de 500.000 euros. Le solde des frais d’investissement a été financé par les banques partenaires du groupe, ces dernières sécurisant leur engagement grâce à la distribution, en parallèle à la construction, de ses places de crèche par Babilou auprès des entreprises logées dans le centre d’affaires ainsi qu’auprès de la mairie. « L’investissement est amorti sur dix ans mais compte tenu des forts besoins en places de crèches, le taux d’occupation ne représente pas un risque dans l’appréciation du projet d’un point de vue financier », indique Rodolphe Carle, directeur général et fondateur de Babilou.

Le taux de remplissage est en fait le corollaire d’un prix pour les familles égal à celui d’une place en crèche publique, la Caisse d’allocations familiales et les familles finançant 40 % du prix de revient. « Afin de compenser le loyer élevé dans le quartier du Trocadéro, le solde est financé par les entreprises qui disposent de vingt places et la Ville de Paris qui a réservé dix places », précise Rodolphe Carle. Les sociétés qui bénéficient du « crédit d’impôt famille » peuvent toutefois défiscaliser jusqu’à 80 % de leur contribution, ne versant en fait que 10 % du prix de revient de l’accueil d’un enfant, soit environ 200 euros net par mois. La formule ainsi conçue de partage des coûts entre les partenaires aboutit à une réservation des places de la crèche jusqu’en 2011, et a débouché sur un deuxième projet de crèche dans le même quartier.

Clé de l’équilibre de fonctionnement du groupe, celui-ci mutualise les besoins des entreprises sur son réseau qui compte pas moins de 125 crèches en France, dont 62 en Ile-de-France. De quoi proposer aux parents de ne pas forcément faire garder leur enfant en bas âge dans une crèche proche de leur entreprise mais de le déposer près de chez eux s’ils veulent lui éviter les transports. « Le système permet aussi aux entreprises de faire profiter de places en crèche leurs personnels itinérants qui, sinon, ne pourraient pas chaque jour mettre leurs enfants en crèche proche du lieu de travail, précise Rodolphe Carle. Surtout, cette offre en réseau nous permet d’éviter aux entreprises de prendre des engagements contraignants en nombre de places, les besoins étant très variables puisque les enfants restent en crèches moins de trois ans en tout état de cause. »

Un modèle d’affaires qui assure à l’entreprise les financements nécessaires à son développement. A côté de Société Générale, partenaire historique, la société, qui s’est associée au fonds d’investissement Alpha il y a deux ans, travaille avec une dizaine de banques ainsi qu’avec Oséo, à ses côtés sous diverses formes depuis le financement du démarrage, il y a sept ans. Babilou vient même de figurer parmi les premiers bénéficiaires du contrat de développement participatif lancé par l’établissement public, et servant au développement des entreprises en croissance : corrélé à une augmentation de capital, le financement sous forme de dette à taux fixe a apporté 3 millions d’euros de financements supplémentaires avec deux ans de franchise de remboursement, sans garantie ni covenant financier.

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