Rencontre avec... Philippe de Portzamparc, président de la société de Bourse Portzamparc

« Nous demandons à Euronext d’intensifier ses efforts envers les PME »

le 18/06/2015 L'AGEFI Hebdo

« Nous demandons à Euronext d’intensifier ses efforts envers les PME »
Philippe de Portzamparc, président de la société de Bourse Portzamparc

Le nombre d’introductions en Bourse (IPO) de PME et d’ETI* n’a jamais été aussi élevé depuis la crise financière. La place de Paris est-elle enfin devenue attractive pour ces entreprises ?

Il y a un nouvel élan mais certaines PME et ETI ont dû différer leur projet d’IPO pendant les différentes phases de la crise. Il est donc normal que l’on observe un rattrapage. Ces opérations étant très dépendantes de la collecte sur les fonds small et midcaps, le mouvement aurait pu être plus fort si l’orientation fiscale avait été différente. On a beaucoup parlé du PEA-PME mais cette réforme en trompe-l’œil n’a pas véritablement changé la donne pour le financement en actions des PME et ETI.

Le travail d'Euronext porte-t-il ses fruits ?

Des efforts ont été faits dans le cadre d’Enternext pour rétablir le contact avec les entreprises en région, mais la présence reste insuffisante par rapport au potentiel qui existe et  la volonté des places financières régionales. L’observatoire du financement des entreprises par le marché fait apparaître une surreprésentation des entreprises basées en Ile-de-France parmi celles qui font appel au marché. Nous demandons à Euronext d’intensifier ses efforts et de faire œuvre de pédagogie à l’égard des PME, même si nous avons bien compris que pour l’opérateur de marché la cotation des petites valeurs était beaucoup moins rentable que celle des blue chips. Ce serait une erreur de croire que les Bourses régionales peuvent représenter une alternative crédible.

44 % des PME-ETI introduites en 2014 opéraient dans le secteur de la santé ou des biotechnologies. Toutes ces entreprises avaient-elles leur place en Bourse ?

Certaines ont sans doute été amenées trop tôt sur le marché. Nous avons nous-mêmes refusé d’accompagner un certain nombre de dossiers que nous ne jugions pas assez mûrs. Les intermédiaires se doivent d’être sélectifs : lorsque les attentes des investisseurs sont déçues, la sanction du marché peut être très violente.

*12 en 2012 et 27 en 2014, selon l’Observatoire du financement des entreprises par le marché.

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