L'homme clé - Damien Bachelot, président du comité exécutif de Compagnie Financière Degroof

«Une vingtaine de fusions-acquisitions réalisées en France »

le 19/12/2013 L'AGEFI Hebdo

Un nouveau chapitre s’ouvre pour Damien Bachelot. Après avoir rapproché en 2008 Aforge, dont il a été l’un des créateurs en 1996, de la banque privée belge Degroof en France, le dirigeant se retrouve aujourd’hui aux commandes d’un nouvel ensemble élargi. « Nous étions une boutique de fusions et acquisitions (M&A), nous sommes désormais plus proches d’une banque de financement et d’investissement, à laquelle se rajoute l’activité historique de gestion privée », estime Damien Bachelot, nommé en juillet président du comité exécutif de l’entité rebaptisée Compagnie Financière Degroof. Cette dernière accueille désormais Banque Degroof France, apportée par le partenaire belge et offrant des services de banque privée (incluant le crédit) avec accès au marché.

A cette nouvelle activité s’ajoutent Aforge Degroof Family Office, activité de gestion privée développée depuis 2008, et Aforge Degroof Finance, qui s’étend au-delà de l’activité historique de M&A. « De nouveaux associés [Cyril Kammoun, Dan Azerval, Jerôme Laurre, Frank Ceddaha, NDLR] ont apporté leur propre structure et des recrutements de choix ont été réalisés sur les douze derniers mois, permettant de nous ouvrir à l’ingénierie boursière, aux produits structurés et au conseil en financement », développe Damien Bachelot. « Les équipes sont désormais constituées. Nous restons toutefois ouverts à des recrutements sur des expertises de niche complémentaires », poursuit ce juriste de formation. Avec aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs, le pôle a retrouvé son niveau d’effectifs d’avant 2008, Aforge ayant par la suite subi le départ de plusieurs collaborateurs, parmi lesquels Patrick Maurel, pour créer Leonardo Midcap CF. Les deux autres activités comptent chacune environ 45 employés.

« Nous avons aujourd’hui changé d’échelle grâce à ces nouvelles expertises. Le poids de la France, qui représente 10 % des effectifs de Degroof, a vocation à prendre de l’ampleur au sein du groupe », prédit le président, qui a débuté sa carrière en 1985 chez Arthur Young (ex-Ernst&Young), puis a rejoint en 1988 le groupe Econocom, avant de repartir trois ans plus tard chez Ernst & Young pour créer et diriger le pôle Corporate Finance.

Appui de l’actionnaire belge

« Certes, le marché se révèle difficile en France, notamment dans la banque d’affaires où les opérations prennent plus de temps pour se concrétiser. Toutefois, les cartes sont toujours redistribuées en période difficile et il y aura des opportunités à saisir. Si nos concurrents sont nombreux, peu d’entre eux couvrent, sur notre cible des entreprises de taille moyenne, l’ensemble de notre spectre avec une dimension internationale », estime cet amateur d’équitation. L’entité française a réalisé une vingtaine d’opérations de fusions-acquisitions en 2013, auxquelles s’ajoutent deux opérations de marché (Monceau Fleurs et Le Bélier).

Outre l’appui de son actionnaire belge, présent également au Luxembourg, en Espagne et en Suisse, l’entité française a noué au fil du temps des alliances aux Etats-Unis, en Italie, en Pologne, au Royaume-Uni et en Asie. Si de nouveaux partenariats n’ont pas vocation à voir prochainement le jour hors de France, le maillage régional pourrait être renforcé. « Nous réfléchissons au développement de nos activités en dehors de Paris, dans des villes telles que Marseille ou Nantes », confie-t-il. Les équipes, déjà présentes à Lille, Lyon et Toulouse, pourraient être renforcées dans ces deux dernières villes.

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