UBS Wealth Management France continue à jouer la carte du M&A

le 07/04/2011 L'AGEFI Hebdo

Le pôle parisien de fusions-acquisitions de la banque privée suisse se diversifie auprès des fonds d’investissement.

Malgré les déboires de sa maison mère, l’équipe parisienne de fusions-acquisitions d’UBS Wealth Management (WM) est restée vent debout pendant la crise. Arrivée de chez Ernst & Young en 2005 pour relancer l’activité, elle est encore en place aujourd’hui. Thierry de Chambure, devenu entre-temps président du directoire d’UBS France, a été remplacé à la tête du corporate advisory group par Fabrice Scheer. Celui-ci est épaulé par deux seniors historiques, Jérôme Pin à Paris et Jérôme Breuneval à Lyon. A leurs côtés, deux autres banquiers pilotent des opérations : Arnaud Fauqueur et Francisco Diez, eux aussi issus d’Ernst & Young. Hormis un départ l’an dernier, « l’équipe d’origine est toujours là et compte dix professionnels âgés de 28 à 42 ans. Le dernier arrivé est dans la maison depuis 2007 », déclare Fabrice Scheer.

Sa vocation ? Accompagner les actuels et futurs clients de la banque privée dans la transmission ou la réorganisation de leur patrimoine professionnel. Même s’il n’est pas garanti qu’ils déposent leurs avoirs chez UBS WM, « les opérations que nous réalisons contribuent de manière efficace à la collecte de la banque privée », assure Fabrice Scheer. Après neuf transactions en 2008, « nous en avons seulement bouclé trois en 2009, mais nous avons redémarré assez tôt en signant de nouveaux mandats dès mi-2009. Cela nous a permis de conclure six opérations l’an dernier et d’avoir 11 mandats de cession en cours de réalisation pour 2011, déclare le responsable des M&A (mergers and acquisitions). Plus de la moitié de nos nouveaux dossiers impliquent des fonds d’investissement alors que nous avions uniquement réalisé deux opérations de ce type en 2010 et une par an auparavant ».

Des dossiers plus petits

UBS WM a par exemple accompagné TCR Capital et les dirigeants de Thermocoax (un fabricant de capteurs de température au chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en 2009) dans un LBO (financement à effet de levier) tertiaire au profit de Chequers Capital. Pourvoyeur d’honoraires, ce type de montage n’est pas très porteur pour la gestion de fortune lorsqu’il implique que les managers réinvestissent dans leur société aux côtés des nouveaux actionnaires. Pour autant, « nous resterons présents auprès des fonds tout en veillant à toujours être très forts sur notre clientèle d’entrepreneurs », indique Fabrice Scheer. Selon lui, les signes de la reprise sont là : « Pour nombre d’entrepreneurs entre 35 et 50 ans, la crise actuelle est la première grosse tempête traversée. Beaucoup vont donc réfléchir aux solutions pour sécuriser leur patrimoine dans un environnement économique incertain soit en vendant leur société, soit en s’adossant, par exemple à un fonds », juge-t-il.

Par leur taille, les mandats sont modestes, avec un ticket moyen de 34 millions en 2010. Ce dernier aurait grimpé à 80 millions d’euros environ sur les affaires en cours, mais reste très en deçà du plafond théorique. « Nous conseillons les actionnaires d’entreprises dont la valeur est comprise entre 20 et 200 millions d’euros, soit l’univers des PME françaises ayant un chiffre d’affaires de quelques millions à quelques dizaines de millions d’euros. Au-delà de cette limite, les dossiers sont du ressort de la banque d’investissement d’UBS », précise Fabrice Scheer. Son équipe pouvait auparavant intervenir jusqu’à 400 millions d’euros, or « les grandes banques d’investissement ne boudent plus les dossiers de taille moyenne. En outre, plusieurs spécialistes de la gestion de fortune ont également leur propre équipe de M&A. C’est le cas de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, Credit Suisse, etc. », pointe le responsable du corporate advisory group. Dans ce contexte, il affiche sa prudence : « Nous pensons recruter un ou deux juniors cette année, et porter l’effectif de l’équipe à terme à 15 ou 16 personnes. » Un maximum, sans doute, pour ce métier « très cyclique ». 

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