Dossier Fusions-acquisitions

Les transactions midcaps repartent de plus belle

le 06/01/2011 L'AGEFI Hebdo

Rothschild conserve son leadership devant BNP Paribas et Lazard pour les transactions sur des sociétés de moins de 500 millions d’euros.

Le segment midcaps du marché, qui avait finalement plus souffert que prévu dans la crise, semble aussi repartir plus vite avec une progression d’environ 40 % en 2010, autour de 450 milliards d’euros au niveau mondial, selon Thomson Reuters. En France, le rebond est plus fort encore, notre tableau d’analyse étant revenu à un niveau davantage dans la norme, avec 33 milliards d’euros échangés pour 389 transactions bouclées, contre 18 milliards pour 234 transactions en 2009, et 34 milliards pour 229 transactions en 2008. Si la taille des opérations a donc plutôt évolué à la baisse depuis deux ans, on retrouve, au final, toujours les mêmes leaders : Rothschild (avec 47 transactions !), BNP Paribas et Lazard. L’habituel trio devance des banques d’investissement et de financement (Credit Suisse, JPMorgan, Crédit Agricole CIB, Morgan Stanley, SG CIB, etc.), plutôt mandatées par des grands groupes pour relancer leur croissance externe. Même si, faute de mieux, elles sont souvent descendues aussi sur le créneau des opérations entre entreprises moyennes qu’elles avaient déjà commencé à investir l’an dernier.

Remontée des multiples

« Concernant les 'midcaps' aussi, l’écart toujours important entre valeur boursière et valeur de contrôle a suscité de nombreuses OPA comme Sperian, Seloger ou Emailvision », rappelle Franck Ceddaha, associé-gérant d’Oddo CF. La banque d'affaires a accompagné sept opérations pour près de 1 milliard d’euros sur ce créneau, et surtout franchi un cap en conseillant des grands groupes comme France Télécom pour sa prise de participation de 40 % dans Méditel (hors de ce classement) et un grand acteur de la distribution dans un pays asiatique. Un mouvement inverse à celui des grandes banques précitées, « lié au fait que nous apportons une certaine créativité et surtout une implication personnelle des associés dans l'exécution des mandats comme ce fut le cas pour accompagner France Telecom au Maroc pour Méditel ».

Le redémarrage s’explique aussi sans doute par une remontée des multiples de valorisation, au-dessus de 6,5 fois l’Ebitda, selon l'Indice Argos Mid-Market, ce qui rapproche à nouveau vendeurs et acheteurs, surtout quand ceux-ci sont composés de grands groupes et de fonds de LBO (leveraged buy-out) ayant retrouvé un accès au financement pour ces opérations. « Mais cette hausse du nombre de transactions devrait se poursuivre dans les prochains mois également grâce aux acteurs 'small' et 'midcaps' à la recherche de taille critique et de services à plus forte valeur ajoutée », explique Virginie Lazès, directrice associée de Bryan Garnier & Co, qui a intermédié huit opérations en M&A et constate de nombreuses situations actionnariales rendant probables des cessions (transmissions, liquidations des fonds, etc.).

Les cabinets d’audit ont aussi repris une petite activité en corporate finance à l’instar de PricewaterhouseCoopers, avec 23 deals. De même que la plupart des boutiques, parmi lesquelles DC Advisory Partners (ex-Close Brothers, rachetée par Daïwa Securities), encore très présente en 2010 malgré le départ de trois associés (Laurent Camilli, Philippe Guezenec et Philippe Croppi), pour créer Easton Corporate Finance. Toutes proches d'intégrer ce tableau, Leonardo et Aforge Finance se reprennent avec 18 deals chacune : la première tire déjà profit de son recrutement, l'an dernier, d’une large partie de l’équipe midcaps de la seconde qui, elle, vient de recruter un banquier senior américain (Lawrence Giesen) pour réaliser plus d’opérations transfrontalières.

Dans la poursuite des mouvements de 2009, l’un des événements de l’année écoulée aura concerné l’association de Jean-Marie Messier avec Erik Maris, l’ex-monsieur M&A de Lazard* à Paris. Les deux hommes, qui avaient déjà travaillé ensemble, vont renforcer l’équipe de Messier Partners créée en 2005 (devenue Messier, Maris et Associés) avec bientôt trente professionnels, en pariant sur « la créativité » et « l’indépendance », aussi bien sur les large caps et midcaps

*La banque du boulevard Haussmann a annoncé depuis les arrivées de Pierre Tattevin (ex-Rothschild) et François Kayat (ex-Calyon)

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