L'avis de... Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis AM

« Les titres envisagés sont asymétriques »

le 09/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel intérêt portez-vous aux nouvelles dettes hybrides que la réglementation bâloise va exiger des banques ?

Avec Bâle III, ces titres pourront faire l’objet d’une obligation d’absorption des pertes ou seront transformés en actions, le déclenchement (trigger) de ces évolutions étant décidé par le régulateur et non pas maîtrisé par l’investisseur. Ce qui revient pour nous à vendre une option sans en connaître le prix. Autre problème, les titres envisagés sont asymétriques pour les investisseurs qui participeraient aux pertes sans bénéficier d’un retour à meilleure fortune. L’émission de dette hybride en format Bâle III de Lloyd’s a d’ailleurs été souscrite par des hedge funds et non par des gérants classiques comme nous.

Comment le marché de la dette hybride bancaire peut-il évoluer ?

Les investisseurs aptes à investir dans les titres hybrides de type Bâle III seront certainement moins nombreux que ce qu’il faudrait pour les nouvelles exigences en fonds propres. Tout dépendra bien sûr de la réglementation future. S’agissant des dettes subordonnées existantes qui ne sont plus acceptées comme du capital pur et doivent être remplacées, les montants en cause s’élèvent à environ 300 milliards d’euros sur dix ans pour l’Europe, et à environ 700 à 1.000 milliards dans le monde. Les nouveaux titres hybrides représenteront ainsi les grands sujets des marchés du crédit en 2011 et 2012. En attendant, les discussions entre les régulateurs et les investisseurs sont très animées.

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