Soupe à la grimace pour la gestion

le 03/11/2011 L'AGEFI Hebdo

Afin de mieux protéger les investisseurs, la directive MIF (Marchés d’instruments financiers) révisée renforcerait les exigences pour la gestion de portefeuille, le conseil en investissement et les offres de produits financiers complexes, tels que les produits structurés. Notamment, pour prévenir les conflits d’intérêts, les conseillers indépendants en investissements financiers (CIF) n’auraient plus le droit de recevoir de rétrocessions de commissions, une réforme visiblement inspirée de celle déjà en cours au Royaume-Uni. Une disposition qui a fait réagir violemment les gestionnaires français. De fait, un conseiller en gestion de patrimoine en France assure en moyenne 80 % de son chiffre d’affaires par la rétrocession que lui accordent les sociétés de gestion. C‘est donc leur modèle économique qui est en jeu. Par ailleurs, « cette proposition réduirait drastiquement le développement de l’architecture ouverte - pourtant prônée par la Commission elle-même - et n’apporterait pas de bénéfice à l’investisseur, une information complète et transparente dispensée ex ante à l’épargnant étant le meilleur moyen d’assurer sa protection », a déclaré l’Association française de gestion financière (AFG) début octobre. Autre sujet de fâcherie, la distinction que Bruxelles souhaiterait appliquer au sein des fonds labellisés Ucits entre ceux dits complexes et ceux dits non complexes. La profession craint que la séparation ne complique la compréhension des investisseurs, sans que soit réellement pointé du doigt le risque porté par le client final.

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