Les solutions de trading algorithmique se multiplient sans relâche

le 25/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Les éditeurs de logiciels actifs dans l’automatisation des ordres bénéficient de son formidable essor ces dernières années. Tout en veillant à la sécurité des marchés.

Depuis la fin des années 90, le trading algorithmique a pénétré toutes les strates de l'industrie financière. Et pour Patrick Archer, directeur commercial de l’éditeur de solutions de trading Horizon Software, « le phénomène s'est encore accéléré ces dix dernières années avec la libéralisation des marchés, la course à la vitesse et l'explosion des volumes ».

Résultat : les algorithmes sont aujourd'hui partout. Pour afficher des prix en permanence et automatiser la couverture de leurs risques, les grandes banques d'investissement chargées d'animer le marché comme Société Générale ou BNP Paribas utilisent des automates. Les investisseurs institutionnels utilisent eux aussi des algorithmes d’exécution afin de piloter leur stratégie d'investissement et d’optimiser l’exécution de leurs ordres. C’est ce que fait par exemple Syquant Capital, une société de gestion qui gère 250 millions d'euros d'actifs à travers deux fonds : Helium Opportunity et Helium Fund Ltd. « Et comme il est pour nous fondamental d'avoir la main sur la technologie, tous nos algorithmes sont développés en interne et intégrés à notre plate-forme de 'trading' », souligne Olivier Leymarie, directeur général de Syquant Capital.

Un critère de différenciation

Signe des temps, avec des offres comme MT4 de Saxo Banque, les traders particuliers commencent eux aussi à se voir ouvrir les portes du trading algorithmique. Et cela fonctionne. Depuis le lancement de sa nouvelle offre, Saxo Banque a en effet séduit près de 80 nouveaux clients, avec un volume de transactions qui a déjà dépassé le milliard et demi d'euros. « Parmi ces clients, il y a des particuliers, mais aussi des fonds d'investissement luxembourgeois qui cherchaient, à la demande de leurs dépositaires et de leurs auditeurs, des contreparties avec un agrément bancaire, dévoile Fabien Keryell, chef de projet en charge de l'offre MT4 chez Saxo Banque. Ce qui nous a d'ailleurs conduit à nous faire agréer auprès des dépositaires au Luxembourg et en Suisse afin de développer ce type de clientèle. »

Le tradingalgorithmique est aussi devenu un critère de différenciation pour les brokers. Il faut dire que grâce à ces programmes informatiques capables d'analyser en temps réel les données du marché et de les confronter avec des stratégies d'investissement, tout le monde est gagnant. « Les banques, les 'brokers' et les investisseurs institutionnels ont d’abord considérablement réduit leurs coûts, assure Patrick Archer. Ces programmes leur permettent également de traiter des périmètres et des volumes beaucoup plus importants et de manière beaucoup plus rapide. »

Pour Mathieu Burbau, fondateur de Satelys, société spécialisée dans le développement de systèmes de trading sur le marché des changes, le trading algorithmique a une autre vertu : son manque d’émotion. « On dit souvent que le pire ennemi du 'trader', c'est lui-même. Lorsque vous êtes devant votre écran, le stress ou la cupidité peuvent prendre le dessus et vous faire oublier votre stratégie initiale. L'algorithme, lui, fonctionne avec des règles d'entrée et de sortie bien précises auxquelles il ne déroge jamais. »

Quand le robot perd la tête

Mais il arrive pourtant que les robots perdent la tête. L’an passé, le courtier américain Knight Capital a perdu 440 millions d'euros en quelques minutes à cause d’un algorithme défaillant. « On accuse aussi souvent les programmes de 'trading' algorithmique d'être à l'origine de mouvements disproportionnés alors qu’ils ne font que les amplifier, complète Mathieu Burbau. C'est la même chose avec le 'trading' algorithmique à haute fréquence. C'est vrai que ceux qui le pratiquent faussent les règles du jeu en inondant le marché de millions d'ordres qui disparaissent lorsque le cours de ces ordres approche. Mais de là à dire que les crises se déclenchent à cause du trading algorithmique à haute fréquence, ce n'est pas vrai. »

Afin d’éviter toutes ces dérives, les éditeurs de logiciels mettent en place des parades. « C'est comme dans une voiture ou un avion où l'électronique est partout, il faut simplement mettre des garde-fous, estime Patrick Archer. Tous nos algorithmes intègrent des contrôles et des coupe-circuits garantissant un contrôle permanent sans risque de perturber les marchés. »

A lire aussi