Société Générale prend sa revanche dans la gestion de flottes automobiles

le 01/03/2012 L'AGEFI Hebdo

ALD Automotive, sa filiale, fait la course en tête en France. Toutefois, la concurrence avec Arval (BNP Paribas) se joue au niveau international.

Si la publication des résultats annuels montre que le groupe BNP Paribas creuse l’écart avec Société Générale, la réalité est autre dans les activités de location longue durée (LLD). Leurs filiales spécialisées, respectivement Arval et ALD Automotive, restent de grandes concurrentes à l’échelle internationale, avec une flotte qui a crû à environ 700.000 véhicules financés chacun fin 2011. En France, c’est ALD Automotive qui se distingue avec un parc global (avec ou sans financement) en forte progression. Ainsi, Arval se place désormais au quatrième rang du marché, derrière les sociétés de financement des groupes Renault et PSA, lorsque la captive de Société Générale en a pris la tête. En fait, la percée de cette dernière est surtout due à la progression du fleet management : des véhicules gérés par ALD Automotive, mais non financés. « Cette solution d’externalisation, qui permet à l’entreprise de rester propriétaire de ses véhicules, séduit de plus en plus de clients, confie Jean-François Chanal, directeur général d’ALD Automotive France. Nous avons aussi signé des partenariats avec les constructeurs pour leur offrir des solutions en marque blanche qui commencent à porter leurs fruits. »

Cette stratégie n’est pas nouvelle mais présente de réels avantages puisqu’elle écarte les risques liés à la liquidité et à la revente. Or les tensions observées sur le marché du refinancement, qui ont fait repartir à la hausse le coût des liquidités, pourraient impacter les loyers des véhicules, et donc l’activité de LLD. Et le marché du véhicule d’occasion (VO) connaît de nouvelles difficultés. « Autant je n’observe pas de signes inquiétants sur notre cœur de métier, autant le VO est clairement retombé dans le rouge puisqu’en un an, nous avons perdu en moyenne 400 euros sur les valeurs résiduelles, reconnaît Philippe Noubel, directeur général délégué d’Arval. Cette tendance est suffisamment inquiétante pour que nous surveillions tout cela de près. »

Pour l’heure, le bilan est encore bon en LLD avec une progression de 7,9 % des mises à la route pour 2011. « Deux grandes raisons expliquent cette augmentation des livraisons, souligne Philippe Noubel. Au plus fort de la crise, de nombreuses entreprises, sur nos conseils, avaient décidé de prolonger la durée des contrats. Ces véhicules étant arrivés à échéance, il a fallu les remplacer... Nous avons aussi eu en fin d’année un phénomène de déstockage de commandes qui avaient été retardées pour cause de tsunami et de difficultés d’anticipation chez les constructeurs. »

Relais de croissance

Les acteurs du secteur tablent sur un nouvel exercice en croissance pour 2012, comme le confirme Jean-François Chanal : « S’il est difficile d’avoir une visibilité à court ou moyen terme, notre flotte devrait encore progresser de 2,5 %, les réductions de parc devant être compensées par l’arrivée de nouveaux clients. » Car ALD Automotive et Arval continuent d’investir sur le marché des PME considéré comme le principal vecteur de croissance. « Pour traiter cette clientèle par définition très atomisée, nous privilégions le marketing direct et la vente à distance via les centres d’appels, explique Philippe Noubel. Nous avons aussi initié une approche intermédiée via les réseaux de distribution automobile, des partenariats avec les constructeurs et les réseaux d’agences bancaires de BNP Paribas en France, de Commerzbank en Allemagne et de Caixa en Espagne. » Dans un contexte de globalisation des parcs, l’international constitue d’ailleurs le second levier de croissance pour la LLD. Arval participe ainsi à l’initiative de BNP Paribas, « one bank for corporates in Europe », lancée début 2010 pour offrir une gamme harmonisée de services à travers les centres d’affaires de 23 pays. Mais mise surtout sur les émergents. « Les pays où nous nous sommes implantés il y a trois ou quatre ans, comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Turquie, contribuent déjà à nos volumes et à nos résultats, prenant ainsi le relais de marchés plus mûrs, mais davantage frappés par la crise », constate Philippe Noubel.

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