Société Générale CIB mise sur les « méthodes agiles »

le 23/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Dans le cadre d'un projet de transformation, la DSI de la banque de financement et d’investissement a décidé de les généraliser à l’ensemble des projets IT.

Comme toutes les banques de financement et d'investissement (BFI), Société Générale CIB doit s'adapter en permanence aux nouvelles contraintes réglementaires et aux évolutions du modèle. « C'est dans ce contexte que nous avons engagé en 2010 un programme de transformation de notre système d'information, et que nous avons commencé à nous intéresser aux ‘méthodes agiles’ », raconte Carlos Gonçalves, directeur des systèmes d'information (DSI) de SG CIB. Après avoir analysé la performance économique de ce nouveau modèle et testé les « méthodes agiles » sur quelques projets de développement, Carlos Gonçalves décide de les généraliser à l’ensemble des projets IT. « Nous avons en effet eu la confirmation qu’elles étaient parfaitement adaptées à un département IT comme celui de SG CIB qui gère des développements propriétaires très importants. Ces méthodes avaient aussi pour principale vertu d'offrir une meilleure réactivité, tout en plaçant la valeur et le client au centre des enjeux. »

Des résultats spectaculaires

Pour encadrer la démarche, un centre agile est créé mi-2011 afin de recenser les bonnes pratiques. « Cette structure est composée de collaborateurs de la DSI et d'experts de SSII (société de services en ingénierie informatique, NDLR) qui disposaient déjà d’une expertise en méthodes agiles, explique Carlos Gonçalves. Elle a pour mission d'identifier les projets susceptibles d'être développés via les méthodes agiles, et de former les chefs de projet de la DSI et les clients internes qui collaboreront sur ces projets. L'objectif à terme étant de pouvoir développer en méthode agile sans faire appel à des ressources externes. »

Deux ans plus tard, les résultats sont spectaculaires puisque fin 2013, 40 % des projets développés par la DSI l'auront été avec les méthodes agiles. Carlos Gonçalves ne regrette donc pas son choix. « Avec les méthodes de développement traditionnelles de cycle en V, entre les phases de spécification, de développement, d'intégration et de test, il pouvait se passer plusieurs mois pendant lesquels les besoins étaient susceptibles d'évoluer. Avec les méthodes agiles, tout va beaucoup plus vite. Nous avons en général une semaine de spécifications et des 'sprints' de développement de trois semaines qui nous permettent d'assurer des livraisons en continu et de toujours coller aux besoins de nos clients internes. »

Côté métiers, la méthode semble aussi appréciée puisque 100 % des projets livrés en méthode agile sont jugés satisfaisants ou très satisfaisants par les clients internes. « Si ces derniers adhèrent à la méthode, c'est aussi parce qu'ils sont plus impliqués dans la transformation, confie Carlos Gonçalves. Ils n'ont plus l'impression de travailler sur des projets IT mais sur des projets business. Et du côté des équipes IT, la dynamique est aussi très intéressante car elles ont une reconnaissance immédiate de leur travail grâce aux interactions permanentes avec les métiers. » L'adoption des méthodes agiles a eu aussi pour conséquence de faciliter le projet de rationalisation de l'ensemble du parc applicatif de la direction des systèmes d'information engagé en 2010 et qui est toujours en cours. « Nous avions à cette époque 1.882 applications. Fin 2012, nous n'en avions plus que 960, ce qui nous permet de générer 40 millions d'euros d'économies par an », conclut Carlos Gonçalves.

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